‹ TertullienChapitre 161 sur 561 · Ad Scap., 3 : Gaudctc christiani · texte numérisé non relu

Ad Scap., 3 : Gaudctc christiani

LA PERSÉCUTION. — LES TROUBLES ET LES RÉVOLTES lyS

prétation qui n'est point celle de Tertullien et se rapproche sans doute plus de la réalité '. Jusqu'à la mort de Niger en 194, nous n'avons, dit-il, aucun indice de l'hostilité des chrétiens à son égard, mais, après qu'il fût mort, ils désapprouvèrent ceux de ses fidèles qui continuaient à résister à Sévère, maintenant maître unique de tout l'Orient. Ceux de Byzance, appréhendant sans doute la famine et les suites du siège, se montrent peu disposés à seconder la défense tentée par Capella et c'est pourquoi celui-ci les hait, c'est pourquoi, aussi, ils passent pour partisans de Sévère, qui peut leur en savoir gré. Cette explication est vraisemblable et, sans doute, fies affirmations de Tertullien n'auraient pas résisté à un examen attentif qui les aurait prises au pied de la lettre ; elles n'ont qu'une valeur de principe. Au point de vue terrestre, le chrétien se doit ■ désintéresser de toutes les entreprises dirigées contre le gouvernement; il ne lui est point permis de se lever contre les puissances quelles qu'elles soient; le meurtre est toujours condamnable et si un prince de la terre doit être châtié, Dieu suffit à l'œuvre ; la victoire du Christ ne doit pas être hâtée par la violence \

Aussi tous les hommes que leur tempérament pousse à la révolte déplaisent à Tertullien; la plèbe romaine, les Juifs et les Égyptiens avaient, à ce sujet, une réputation bien établie; aussi parle-t-il d'eux en de fort mauvais termes '. 11 est vrai qu'en sus de son horreur du désordre, il avait des raisons de détester la plèbe romaine, parce qu'elle était ennemie des chrétiens, les Juifs parce qu'ils s'étaient montrés ennemis du Christ et les Égyptiens parce qu'ils étaient les inventeurs de quantité de superstitions et de dieux immondes redoutables au christianisme '. Toutefois, en blâmant l'esprit d'indiscipline qui est en tous ces hommes, il demeure en parfait accord avec ses principes, aussi bien qu'avec ses rancunes.

Une difficulté subsiste cependant : j'ai déjà eu occasion de la signaler et Tertullien ne l'aborde pas franchement. Quand règne un Empereur reconnu de tout l'Empire, fût-il un tyran digne de la malédiction éternelle, il ne peut y avoir d'hésitation pour le chrétien : toute révolte est condamnable; mais, qu'à la mort de ce prince, plusieurs compétiteurs se lèvent en même temps, ou encore qu'une insurrection renverse le souverain régnant et que le vain-

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