Orig.. C.Celse
4. Pscud. Cypr., De diiod. abus saec, 1 1 et 12 : Undecimus abusionis gradus est plebs sine disciplina... disciplina vero est morum ordinata correctio et maiorum praecedentiuni regularum observatio. — Duodecim abusionis gradus est populus sine Icge...
5. Voy. particulièrement Eus., De martyr. Palest., VIII, 10 et suiv. et la Passio de Saint Maurice et de ses compagnons; dans la lettre que les soldats de la légion thébaine envoient à l'empereur (Ruinart), je lis : tenemus ecce arma et non rcsistimus. Encore que l'aHaire de la légion thébaine soit tout à fait légendaire, le texte n'en conserve pas moins une grande valeur d'indication générale.
LA PERSÉCUTION. — LES TROUBLES ET LES RÉVOLTES l']5
respondent-elles à la réalité des faits? Il nous est difficile de le deviner. Tous nos renseignements à ce sujet tiennent, en effet, dans quelques indications fournies par Eusèbe. Il nous parle quelque part ' d'une sédition qui éclate à Alexandrie sous l'épiscopat de Denys, durant le règne de Gallien; il nous la représente comme extrêmement violente, mais il ne nous en donne pas la cause ; il nous dit seulement que, dans cette circonstance, Denys est impuissant à diriger les fidèles parce qu'ils se sont rangés les uns dans un parti les autres dans l'autre, à tel point que le saint évêque est obligé de leur écrire pour Pâques, tout comme s'il était éloigné d'eux. Dans une autre lettre, dont Eusèbe cite un fragment important, le même Denys se plaint de ne pouvoir aisément correspondre avec ses ouailles; il est plus facile, dit-il, d'aller d'Orient en Occident que de passer d'un quartier d'Alexandrie dans un autre. Ne voilà-t-il pas la preuve qu'au moins cette fois-là, les chrétiens n'ont pas su s'écarter des querelles du siècle et que l'unité de l'Église fléchît devant les passions émues dans la cité? Le même Eusèbe nous fournit ailleurs ^ une confirmation de cette impression. Certains individus ont comploté contre l'Empereur Dioclétien, en Arménie et en Syrie; ordre est aussitôt donné de mettre en prison tous les clercs chefs d'église, — ce qui est fait. Eusèbe ne manque pas de proclamer que l'opération est conduite avec beaucoup de dureté, mais il oublie de nous dire ce qu'étaient ces individus qui ont comploté. Étaient-ils chrétiens? Le silence d'Eusèbe me porterait à le croire; il est d'ailleurs vraisemblable que la police romaine agit à bon escient et que, s'il n'y eût pas que des fidèles dans l'affaire, le gouvernement y crut voir clairement une complicité chrétienne, peut-être même ecclésiastique. Ce n'est là, bien entendu, qu'une supposition, mais je la crois vraisemblable, car, en dehors des arguments qui ressortent du texte d'Eusèbe, il faut remarquer qu'au fur et à mesure que l'Église s'implanta plus fortement dans le siècle, les chrétiens furent plus aisément dominés par les nécessités et les habitudes séculières; l'intrigue fut du nombre et les évêques durent vite se préoccuper d'arrêter ses ravages. Ils s'y employèrent de leur mieux et, ce faisant, ils restèrent fidèles aux principes chrétiens de la première heure ; mais, la nécessité dans laquelle ils se trouvèrent de les affirmer de nouveau suffit à prouver que, dans la pratique, ils recevaient plus d'un affront '.