‹ TertullienChapitre 168 sur 561 · ApoL · texte numérisé non relu

ApoL

2. Apol., 38: ...nec uUa magis res aliéna quam publica. Unam omnium rcinpublicam agnoscimus, mundum.

3. Apol., 41 : ...nihil nostra refert in hoc aevo, nisi de eo quam celeriter excedere.

4. ApoL, 38 . At cnim nobis ab omni gloriae et dignitatis ardore frigentibus nulla est nécessitas coetus.

5. De corona, i3 : ...tu peregrinus mundi huius civis civitatis supernae Hierusalem noster municipatus in caelis, De pallio, b : secessi de populo.

6. Pline, Ép., IX, 3o ; Marc-Aur., Vil, 22; Philost., Apoll., IV, 2. Je reviendrai d'ailleurs sur cette idée.

7. Adv. Marc, V, 17. 11 y avait autrefois deux peuples dans le monde : le peuple de Dieu, Israël et le peuple des idolâtres; le Christ est ne pour réconcilier avec Dieu ces deux peuples qui l'avaient également offensé. Il les a unis en un seul corps, dit l'apôtre, et a tué leur inimitié par sa croix [Ephes., II, i5, 16).

8. De corona, 12 : Triumphi laurca foliis struitur an cadaveribus?

LE PATRIOTISME ET LES TRADITIONS ROMAINES l8l

peut le faire dans la sincérité de son àme ; il emploie le langage et les figures de ïApocalypse : c'est l'impure, la nouvelle Babylone, l'ennemie des saints de Dieu '.

Pour réclamer la qualité de Romain, il se fonde sur une seule raison : nous vivons dans l'Empire et nous ne lui voulons pas de mal, parce que nous devons aimer tous les hommes. H affecte de se croire à l'abri de tous reproches, parce qu'il peut dire aux païens : vous n'avez rien à craindre de nous, puisque nous ne nous occupons pas de ce qui se passe sur cette terre, que nous souhaitons de la quitter et que nous portons vraiment en nous l'amour de toute l'humanité.

f Le désir de la patrie céleste a tué chez lui le culte de la patrie terrestre ; il ne sait se souvenir qu'il est Romain qu'au milieu d'un

\ raisonnement de polémique ; tout ce qui est gloire et intérêt de la patrie romaine le laisse indifférent et il ne comprend plus qu'on s'en émeuve \ Il n'a même pas l'amour de sa ville natale, car une telle affection est encore terrestre. Si nous nous en tenions au début du De pallio ^ il nous pourrait faire l'effet d'un assez bon Carthaginois, mais il ne faut pas oublier que l'ironie est partout dans cet opuscule. D'ailleurs, si les idées que nous y rencontrons correspondaient à un sentiment vraiment sincère, elles trouveraient sous la plume de son auteur une expression plus précise et plus spontanée. Je ne crois pas m'avancer trop en affirmant qu'il considérait comme pleinement indifférent au chrétien de vivre à Carthage ou ailleurs : il lui importait de faire son salut et non de le faire ici plutôt que là.

IV. — Jamais les chrétiens ne pourront spontanément s'écarter de ce point de vue et l'Église seule parviendra, quand elle le jugera à propos, à leur imposer au moins l'apparence et les obligations du patriotisme ; jamais elle-même ne saura ni n'osera leur persuader de faire davantage et tout ce qu'elle trouvera de mieux sera de subordonner le salut dans l'autre monde à l'exacte satisfaction des exigences de l'État dans celui-ci ; encore lui faudra-t-il, en maintenant ce principe, en accompagner les applications de plus d'une réticence.

Tout, dans la vie courante des chrétiens, affirme leur éloignement du patriotisme terrestre : on a très justement remarqué que le nom de la patrie disparaît de leurs inscriptions funéraires et que

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