‹ TertullienChapitre 170 sur 561 · Eus., //.-£., VII, 32,7 et s · texte numérisé non relu

Eus., //.-£., VII, 32,7 et s

3. Le Blant, Actes des Mart., sect. II, § 93, p. 234. Voir aussi : Acta SS. Pionii, etc., XVIII (Ruinart); Clem. Alex., Disc, aux gent., XII, 121 : xal |i^, TTOTô T.jxâî T050ÛT0Ç àpv'jpou xal xpusoû, (jif, 5ô|t,; £7:éX8r, -080; oïo; aùtoû toO TT.î dt>>T,6£t'aî Aôyo'j.

4. Les Actes de Saint Victor en offrent un exemple remarquable : ce confesseur est un vir clarus, un officier et qui proteste de son attachement à l'Empereur et à la République ; il n'admet cependant pas de compromis entre son devoir de chrétien et son devoir de soldat; le discours que l'hagiographc met

LE PATRIOTISME ET LES TRADITIONS ROMAINES l83

C'est seulement après le triomphe que quelques sentiments romains paraissent revenir au cœur des chrétiens '. En revanche, il arrive parfois qu'une grande voix s'élève pour rappeler le vieux principe, alors qu'il est devenu un anachronisme et presqu'un non sens : « Songez, dit Saint Jean Chrysostôme, que vous êtes sur une terre étrangère et que rien ne vous doit troubler ; que l'on nous frappe, que Ton nous charge d'injures et d'outrages, peu importe ; nous traînons ici-bas, sur un sol étranger, une vie misérable. Il serait cruel, à coup sûr, d'avoir à souffrir dans notre patrie et devant nos concitoyens ; ce serait une honte et un opprobre ... mais nous sommes les citoyens du ciel et nos noms sont inscrits dans la patrie d'en haut. '^ » La gloire, avait déjà dit Saint Augustin, c'est un vice qui semble vertu parce qu'il étouffe d'autres vices. Il n'y a qu'une gloire pour le juste et elle est en Dieu ^. Aussi bien qu'importe au chrétien la terre qu'il habite : « Pour les païens, c'est une grave peine que de vivre hors de leur cité ; pour les chrétiens, ce monde tout entier est une même demeure ; Dieu est partout et son vrai serviteur est un passant dans sa propre cité; Texil ne saurait l'atteindre, car il est également étranger à toute vie terrestre ". »

V. — Un des facteurs du patriotisme, si l'on veut même une de ses formes, c'était encore l'attachement aux traditions des ancêtres, car un des liens les plus forts qui puissent exister entre les hommes et en faire un peuple est celui que crée la communauté des souvenirs, des idées, des actes, des habitudes, de l'esprit et des mœurs; lentement modifiés depuis le fond du passé, ils se joignent cependant au présent et semblent le devoir prolonger jusqu'au bout de

dans sa bouche est visiblement fait après coup, ce qui donne moins le poids encore aux protestations du début, mais leur laisse leur valeur comme indication de l'état d'esprit du rédacteur de la Passio S. Victoris (Ruinart) sur la question en cause (v« siècle probablement). — D'après Tolstoï {Lettre publiée dans le Temps du 3i oct. 1898) les douchobors du Caucase, si voisins des premiers fidèles, disent : « Tous les hommes sont frères et il est absolument indifférent d'appartenir à tel ou tel état. »

1. L'auteur du De morte persec, par exemple, paraît avoir été assez Romain ; voyez partie. : De morte pers., 27, où il reproche à Galère d'avoir été : hostem... Romani nominis... cuius titulum immutari volebat, ut non romanum imperium sed daciscum cognominaretur. Ailleurs : De morte pers., 38, il se plaint de la faveur que les soldats barbares trouvent auprès de Maximin. Mais il ne faut pas oublier que Galère et Maximin sont les persécuteurs implacables.

2. J. Chrysost., Comment, in Jolian., Homil., LXXIX, 3, 171, ap. Le Blant, Actes des Mart., sect. I, 44, p. ii3 et s.

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