‹ TertullienChapitre 19 sur 561 · Ad. nat., II · texte numérisé non relu

Ad. nat., II

curie des dieux '. Dans un passage du de Pallio, il proclame les succès militaires de l'Empire "*; il n'en faudrait pas conclure qu'il s'en réjouisse. Il pouvait avoir d'instinct quelque sympathie pour des hommes dont les habitudes d'esprit étaient en gros les siennes, plutôt que pour les barbares ; mais cette sympathie même ne paraît pas dans le texte que nous visons. Tertullien se contente de constater un fait : les Romains ont repoussé les barbares et l'absence de tout commentaire personnel dans un tel cas est déjà significative.

Ainsi Tertullien ne discute pas la domination romaine et il accepte en principe V imperium romanum tel qu'il est; reste à savoir si cette opinion, étalée dans les ouvrages destinés à être lus des païens, est sincère et véritable. On peut, dès l'abord, en douter, car l'Empire, qui s'obstine dans sa malveillante inintelligence de la vérité \ ne saurait être sympathique à un chrétien. D'ailleurs, Africain comme il l'est, de tempérament, sinon d'habitudes ', Tertullien pourrait bien, sans nous étonner, adapter à ses passions de chrétien quelque tendance séparatiste plus ou moins marquée de son temps dans le monde africain. Malheureusement, la certitude n'est pas faite sur l'état d'esprit de l'Afrique romaine et les opinions les plus opposées ont été émises sur les sentiments qui pouvaient attacher ces provinces à Rome ou les en éloigner, sur leur originalité plus ou moins défensive et sur la perfection de la romanisation '\ Ce qui semble pourtant hors de doute, c'est qu'il existe

1. De spectaculis, 12 : Capitolium omnium daemonorum templum est. Apol., 6 : curia deorum.

2. De pallio, 2 : Quot populi repugnati... quot barbari exclusi...

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