De poenit
6. De idol., 17 : ob omni spccic idolatriac intactum ...aut gratia aliqua, aut astutia.
LE SERVICE MILITAIRE, LE SERVICE CIVIL ET l'iMPOT 2û3
sonne '. Tant d'exigences rendent pratiquement impossible à un chrétien l'exercice d'aucune charge publique ; Tertullien le sait très bien ^ ; c'est pourquoi il ajoute tout aussitôt, en manière de conclusion, que toutes les dignitates et potestates de la terre sont des ennemies de Dieu '; en conséquence, le chrétien doit les fuir et se préoccuper uniquement de son salut, qui suffit à ses soins *. Certains fidèles, se montraient disposés à accepter les charges publiques en alléguant des traditions de famille : Tertullien n'admet pas cette excuse '■"; dans sa préoccupation égoïste de la vie future, il accepterait pleinement la conclusion d'un célèbre prélat de nos Jours : « La question du salut est une affaire personnelle et peu importe que la cité en soit brisée ^ ». C'est l'individualisme chrétien nettement opposé à l'oubli de soi que pratiquait un Marc Aurèle, à l'effacement antique de l'individu devant l'État.
VI. — On comprend en somme assez bien qu'une telle abstention trouve son expression sous la plume d'un homme qui attend de jour en jour la fin du monde, qui la désire peut-être plus encore qu'il ne l'espère, d'un homme qui voit que les païens suffisent encore à peu près aux charges nécessaires, qui considère enfin que l'Etat ne l'y admettrait que contre des concessions de conscience aussi mortelles à l'âme qu'une abjuration \ Toutefois, il est hors de doute que, dès l'époque de Tertullien, il y avait des chrétiens dans les services civils, bien qu'il leur fût beaucoup plus difficile de s'y abstenir de toute participation directe à des cérémonies païennes qu'au camp, où l'obscurité du simple soldat favorisait bien des compromis et bien des réserves. En dehors de ces exceptions personnelles^ sur le nombre desquelles notre incertitude