August., Soliloq., I
5. Orig., C. Celse, VIII, y3 et yS, affirme que le chrétien ne saurait gouverner que l'Eglise, sans mélange adultère avec les lois du siècle; il ne se dérobe pas aux charges, comme le lui reproche Celse; il se réserve pour une tâche plus haute : son rôle est d'aider au gouvernement du monde par ses prières: c'est sans doute ce qu'Origène appelle {op. cit., IV, 81) « porter sa part des travaux nécessaires au salut de la cité » : xà ypr\<3i.[).ix Tf,î noT^ixsta; è'pya irpôî awx-ripÊav xwv ■7i6>i£wv. — La légende de Pontius, qui place son martyre vers le temps de Philippe l'Arabe, exprime bien cette répugnance du chrétien pour les fonctions publiques : le père de Pontius, sénateur, est mort: Post menses scx, apprehensus a militibus bealus Pontius et in curiam productus est, cui etiam locum patris sui nolcnti et repugnanti désignant. {Vita et passio S. Pontii mart., VIII, ap. Baluze, MiscelL, i, p. 3o.) Quand bien même les faits eux-mêmes ainsi relatés ne seraient pas matériellement exacts, il y aurait tout de même une indication utile à tirer de leur narration. L'intention s'affirme d'ailleurs au § Xl\^ de cette mime passio : Ecce quanta contulit Dominus Pontio famulo suo, ut ante omnes homines principes tntius orbis Christo adquireret, et ipsc, qui secundum saeculi dignitatem consul ad sull'ragia populi expetebatur, humanis spiritaliter consulens, luccm eis veritatis demonstraret. — Hieron., Ep., XIV, 6 : Haercditatcm cxspectans saeculi, cohacres Christi esse non poteris. — Ambros.,
LE SERVICE MILITAIRE, LE SERVICE CIVIL ET l'iMI'OT 2oS
nettes '. Toutes les concessions désirables furent faites, toutes les exceptions utiles autorisées par l'Église ^; puis, l'heure vint où le rapport se renversant, ces exceptions devinrent la règle qui dut être observée sous la menace des peines ecclésiastiques. Longtemps encore après la date officielle du triomphe, l'État demeura hybride, païen par ses traditions et quelques-unes de ses pratiques, trop fortement enracinées pour être arrachées d'un seul effort; chrétien par sa volonté affirmée de l'être; mais le type du gouvernement chrétien n'était point fixé encore et ne devait l'être que par la pratique. C'est pourquoi les fidèles, qui furent magistrats sous les premiers Empereurs chrétiens, durent se plier à plus d'une exigence profane et l'Église sut apporter des tempéraments à ses rigueurs ^
D'abord, elle admit les nécessités humaines de la magistrature : le droit pour les magistrats de frapper les coupables et même de les frapper du glaive ^ en attendant qu'elle les sollicitât elle-
De virgin., IX, 49 : Forum fugiendum, fugiendae plateae... Fugit enim (Christus) plateas, fugit conventus et strepitus fori. Évidemment cette indication ne se rapporte plus alors qu'au chrétien parfait.