‹ TertullienChapitre 194 sur 561 · Voir la note précédente · texte numérisé non relu

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4. Nous entrevoyons déjà l'appel au bras séculier dans un mot de Saint Cyprien ; il s'agit de l'hérésie de Fortunat et de Felicissime, qui prétendaient supprimer les épreuves de la pénitence pour les lapsi ; après avoir montré à quel point ils pèchent, Cyprien ajoute : viderint laïci hoc quomodo curent : Cyprien, Ep., LIX, i3, Cornelio fr. — Deux lettres de Saint Augustin, d'ailleurs célèbres, affirment nettement la nécessité de l'intervention des puissances séculières contre les hérétiques et les païens. Dans Ep., II, 93, 10, il réclame contre les hérétiques l'exil et des peines sévères; il approuve, ou du moins il dit qu'on approuve généralement les lois contre les païens : elles vont jusqu'à la mort. De même dans Ep.., II, 100, au proconsul d'Afrique. — La plupart des complications, si graves, de l'affaire des Donatistes sont probablement sorties de ce désir qu'ont eu les orthodoxes de faire trancher la question par la forée du bras séculier.

même de le faire pour son service et qu'elle invoquât le bras séculier contre ses ennemis ou ses fils insoumis. Sur ce point essentiel, l'Église faussa donc encore la doctrine vraiment évangélique ; mais elle eut une excuse, c'est qu'il lui fut impossible de vivre et de faire autrement. Ce lui fut un labeur assez rude que d'empêcher l'Empire chrétien de l'absorber toute, de se confondre complètement avec elle comme jadis avaient fait la vieille religion et l'Etat; elle se contenta donc de conserver la haute main sur la conscience des hommes au pouvoir et de garder les moyens de les transformer à l'occasion en auxiliaires ou en serviteurs. Ce résultat tout terrestre, qui lui donna parfois l'illusion de servir les intérêts du ciel et des âmes, la consola, jusqu'à l'oubli, des concessions profondes et des sacrifices douloureux qu'elle avait consentis pour l'atteindre.

VU. — Les raisons que TertuUien pouvait avoir de refuser à l'État le service militaire et le service civil ne valaient pas contre l'impôt. D'abord, il se trouvait dans V Évangile un texte qui tranchait la question. Par hasard, elle avait été directement posée au Maître : il s'était alors fait présenter une pièce de monnaie et montrant l'image qu'elle portait, il avait dit en substance : Cette image est celle de César, rendez donc à César ce qui lui appartient '. Ailleurs, tout en avançant que cette obligation de l'impôt devait plutôt peser sur des étrangers que sur « les fils » du souverain, c'est-à-dire ses sujets, il avait affirmé qu'il payait le didrachme, ne fût-ce que pour ne scandaliser personne \ Diverses raisons fortifiaient cet exemple indiscutable. Le fait d'ouvrir sa bourse ne comportait en aucune manière idolâtrie, bien qu'au fond, pour un chrétien méticuleux, il dût être aussi grave de donner aux païens de l'argent qui favorisait leurs impiétés que d'en recevoir des impies ; mais le précepte de Jésus écartait cette subtilité; et il était entendu que si les païens employaient mal l'impôt qu'on leur payait, le péché ne retombait que sur eux. D'autre part, le chrétien professait un détachement d'ici-bas qui lui devait rendre l'obligation de l'impôt très légère. Enfin, on se demande comment les fidèles auraient pu continuer à affirmer leur respect de l'autorité et du gouvernement s'ils avaient refusé de payer l'impôt. Aussi ne voyons-nous pas qu'ils le fassent jamais. Saint Justin, par exemple, se réfère simplement à VÉva?igile et affirme que les chrétiens paieront toujours régulièrement \

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