‹ TertullienChapitre 202 sur 561 · I. — LES PRINCIPES SOCIAUX · texte numérisé non relu

I. — LES PRINCIPES SOCIAUX

I. Les principes et les problèmes sociaux à la fin du ii' siècle. — II. Le paganisme ; ses caractères au temps de Tertullien : le syncrétisme. — III. Comment les sceptiques, les Juifs et les chrétiens restent en dehors de ce syncrétisme; position particulière prise par les chrétiens; leurs doctrines et, spécialement, doctrine de Tertullien sur la religion romaine. — IV. L'esprit religieux du monde romain à l'époque de Tertullien; caractères sociaux du christianisme.

I. — A la fin du second siècle, la société romaine avait perdu la simplicité logique de la cité antique et les liens qui, jadis, unissaient avec tant de force la religion, la famille et la propriété, fondements premiers de TÉtat, s'étaient relâchés. Toutefois, il subsistait un ensemble de croyances ou de pratiques qui se retrouvaient à côté de chacun des actes principaux de la vie sociale ; les hommes se groupaient toujours en familles, qui se perpétuaient par le mariage; enfin, la propriété, sous toutes ses formes, était répartie entre les hommes suivant le principe de la possession individuelle. Mais le temps avait obscurci les vieux rites et les vieux usages ; c'est pourquoi, à côté de l'antique répartition des hommes en gentes et en classes, s'étaient établies d'autres classifications. L'inégalité de richesse en était le fondement, que la coutume avait peu à peu régularisé et la jurisprudence, pour ainsi dire, légalisé : le riche et le pauvre n'avaient pas la même situation vis-à-vis de l'État et de sa justice '. D'autre part, la classe servile avait pris une très grande extension. Si la société romaine offrait un tel spectacle d'inégalité, c'est que l'effort social y était mal réparti, que les uns y supportaient tout le poids du labeur commun, alors que les autres en étaient complètement allégés ; c'est, autrement dit, que le travail y était mal organisé.

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