‹ TertullienChapitre 204 sur 561 · M. Aur., iV, 29 : ïivo; xôa|j.ou · texte numérisé non relu

M. Aur., iV, 29 : ïivo; xôa|j.ou

4. \'oir plus haut le développement sur la loi, pp. 1 32 et s.

la solidarité sociale que le chrétien met en avant quand il se reconnaît des obligations envers son prochain, c'est la fraternité humaine. Elle peut entraîner des devoirs sérieux, d'autant plus que le chrétien la fortifie du précepte de la charité, mais elle ne suppose pas d'obligations civiles, pas même, à proprement parler, d'obligations sociales. D'ailleurs, au milieu de cette fraternité selon la nature, que le chrétien consent à partager avec les païens .', il en conçoit une autre, plus étroite et plus intime, qui n'embrasse que les seuls fidèles : la véritable société, la seule, c'est la société chrétienne; c'est l'Église, qui a ses lois, et à laquelle le fidèle est lié par des obligations impérieuses ".

Dieu nous a créés sociables, les chrétiens ne le nient pas, mais il nous a mis, en même temps, dans le cœur les principes de la Justice, afin que nous puissions la rechercher '; la justice, c'est le christianisme et c'est pour la société chrétienne que nous sommes nés, car c'est en Christ qu'est le repos \ La solidarité humaine, les bons frères l'affirment, mais uniquement en vue de l'assistance mutuelle et de la charité, parce que, dès leur naissance, les hommes ont besoin les uns des autres \ Il n'est pourtant pas impossible de trouver, aux premiers siècles, des textes chrétiens qui semblent, a priori, supposer une acceptation de la vie sociale suivant la formule païenne ; le plus net est d'Origène ''. Il dit que peut-être Dieu a mis sous les yeux de l'homme les fourmis et les abeilles pour lui servir d'exemple et afin que leur contemplation lui apprenne à obéir aux puissances et à prendre sa part des travaux nécessaires à la vie de la cité '. Mais cette remarque n'a, pour ainsi dire, qu'une portée politique ; elle peut supposer que le chrétien est généralement tenu

1. ApoL, 39 : Fratres autem etiam vcstri sumus iure nalurae matris unius etsi vos parum homines quia mali fratres. — Ambros., De Noe et arca, XXVI,

2. ApoL, 39. — Les textes chrétiens qui proclament la fraternité humaine

accentuent d'ordinaire la restriction que j'y indique au point de réduire la fraternité aux seuls chrétiens, en ouvrant simplement à tous les hommes les portes de la foi. Voy. partie. Clém. Alex., Strom., VII, 14, 86 ; Inst. div., V, i5 ; et antérieurement à Tertullien, Justin, Dial. c. Tryph., i3^.

3. Cléni. Alex., Strom., î, 6, 34 : *jts'. 0' au xowùwlxojc; xatl ô'.xaîo'j; ô Oeô; fiuâ; èoT|;j.ioûpyT,ffcv.

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