‹ TertullienChapitre 205 sur 561 · Clém. Alex.. Strom., I · texte numérisé non relu

Clém. Alex.. Strom., I

5. Cette idée est particulièrement bien marquée par Lactance, Inst. div., III, 23, 9 et s.; surtout VI, 10, 3 : Deus... hominem vero quia nudum fragileniquc formavit... animal nos voluit esse sociale.

6. Orig., C. Celse, IV, 81 ; d'ailleurs, tous les textes que nous avons eu à examiner, à propos de l'obéissance aux puissances et du service de l'Empire, trouveraient logiquement leur place ici avec toutes les restrictions qu'ils comportent; nous avons vu combien Origène était particulièrement rigoriste.

7. Orig., C. Celse, loc. cit. : -à y.?i^-'^^ '^'r- -oXtTsia; â'pya -pô; jwTr,p(av twv

d"obéir à l'Etat et de le servir, mais toujours dans les limites fixées par la foi ; la part des charges publiques qu'il peut accepter n'est point celle de tout le monde et il ne s'agit point ici de la solidarité sociale affirmée par Marc-Aurèle '. Le chrétien échappe à cette solidarité, d'abord parce qu'il vaut mieux, selon lui, se fier à Dieu qu'aux hommes ^ ; ensuite parce que, son salut passant avant toute chose, il doit particulièrement redouter les obligations sociales, car c'est par elles surtout que l'homme est attaché à la terre. Les païens qui réfléchissaient ne s'y trompaient pas : il n'est pas impossible que Marc-Aurèle songe aux chrétiens quand il s'élève contre ceux qui désertent leur poste d'homme ^ et Celse sait ce qu'il dit lorsqu'il les engage à se retirer du monde, puisqu'ils ne veulent pas accepter les obligations communes.

11. — C'est par l'étude de la question religieuse qu'il nous faut commencer l'examen des problèmes sociaux, car c'est au nom d'une religion que les chrétiens se singularisent. Il est, d'autre part, impossible de rien comprendre à la position qu'ils prennent dans la société romaine si on ne prête d'abord quelque attention aux conceptions religieuses des païens *. Il convient d'en marquer non seulement les caractères généraux, mais encore la valeur sociale ; le christianisme n'est, en effet, qu'un des termes d'un problème religieux, moral et social très complexe, que nous ne pouvons résoudre qu'en déterminant aussi les autres termes.

On avait parfois vu dans la Cité antique des hommes sans foi religieuse, mais on n'avait jamais vu d'État sans dieux \ Les origines mêmes de la cité voulaient qu'il n'en fût pas autrement, car la cité, c'était la famille étendue et la famille n'avait, à l'origine, en dehors de la nécessité naturelle de la propagation de l'espèce, d'autre fondement que la religion. On pourrait même dire que la religion des vieux Aryas s'était précisée peu à peu, à la fois pour

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