‹ TertullienChapitre 215 sur 561 · Juvenal, Sat., VI, sur les femmes · texte numérisé non relu

Juvenal, Sat., VI, sur les femmes

4. Voy. l'Apol. d'Apulée en entier; Philostr. , Apoll., VII, 11; Monceaux, op. cit., pp. 290 et s.

5. Paul, Sent., V, 23, 17 : Magicae artis conscios summo supplicio adtici placuit, id est bestiis obiici aut cruci suffigi. Ipsi autem magi, vivi exuruntur. Sent., V, 38, 18 : Libros magicae artis apud se neminem habere licet. Quand on en découvrira, on les brûlera : si leur détenteur est honestior, il sera relégué dans une île; s'il est Inimilior, il aura la tète tranchée. — Justin, I ApoL, 44, nous dit, d'ailleurs, que la peine de mort est portée contre les lecteurs des livres sibyllins. — Celse avait composé un ouvrage contre les magiciens : Lucien, Alex., 21. Il est utile de ne point oublier tout cela pour comprendre le sens et l'allure de maint procès chrétien.

6. Sur ces matbematici, Chaldéens pour la plupart, voy. Marquardt, Culte^ 1 , p . 1 1 3 et n .

7. Je ne vois guère que Lucien qui semble dégagé de toute superstition à ce sujet. Philostrate, qui se prononce hautement contre ces niaiseries magiques {ApolL, VII, 39), ne parait pas en être aussi complètement détaché qu'il voudrait le faire croire et sa démonologie effrénée en est la preuve. (ApolL, III, 38; IV, 10; IV, 20.) Marc-Aurèle lui-même, qui remercie Diognète de l'avoir mis en garde contre les jongleurs et les goétes [Pensées, l, 6), verse cependant dans les superstitions courantes sur les oracles et les songes prophétiques^ (IX, 27.) Est-ce que S. Augustin n'aura pas quelque penchant pour l'astrologie .' Confess., VII, 6, 8. — Malgré les anathèmcs libéralement lances par les docteurs contre les arts magiques, les chrétiens eurent du mal à les abandonner tout à fait. [Didaché, III, 4; Tert., ApoL, 35; Conc. Laod., xxxvi, ap. Mansi, II, p. 570. — Ces trois références, à titre d'exemple et d'indication chronologique.) Tout ce que l'Église put faire, fut de dériver la croyance, à la magie et de substituer aux vieilles formules magiques des versets de l'Ecriture. (Le Blanl, Rev. ai-ch., 1894, H, p. 8. — Le ^\d.m, Pierres gravées, p. 129.) Cependant, d'après M. Amelineau, Le christ, che:^ les anciens Coptes, ap. Rev. de Vhist. des Relig., XIV, p. 344, il semble que les moines coptes, gardant confiance dans les pratiques magiques, aient conservé les vieilles formules a côté des textes sacrés, employés, pour ainsi dire, dans un sens magique.

préoccupés de ce qui se peut passer à côté, en dehors ou au-delà de la vie humaine. On a très justement remarqué ' que la croyance à la vie future, vague et grossièrement formulée dans la mythologie classique, était demeurée vivace dans le peuple. A la fin du ii= siècle, le scepticisme que Sénèque exprimait dans Les Troyennes ^ a fait son temps et ce ne sont plus seulement les ignorants et les simples, dont le pauvre être proteste inconsciemment contre l'anéantissement et prétend se survivre éternellement, ce sont les philosophes eux-mêmes qui affirment la survivance et qui la prêchent ^ Les sceptiques absolus sont certainement très rares " ; en revanche, la sincérité et la généralité de la croyance à la vie future nous est affirmée et par les écrits contemporains et par les inscriptions \ Tout naturellement, les hommes en viennent à se dire que, pour mériter ici-bas Texception divine qu'est le miracle et s'assurer dans la vie future un sort convenable, il faut se montrer digne de la faveur des dieux. C'est ainsi qu'une préoccupation morale s'adjoint au sentiment religieux : le monde païen commence à comprendre ce que nous nommons la sainteté ^ ; il n'est pas pour les princes de louange plus haute que celle qu'implique l'épithète de pius et même de sanctus '. Le problème du mal se pose devant la conscience religieuse des païens dans sa redoutable complexité et cette idée s'affirme qu'une certaine pureté morale est nécessaire pour communiquer avec les dieux \ C'est comme une ébauche de la doctrine chrétienne du péché, de la pénitence et de la purification ". Ce mouvement si semblable au christianisme, au moins

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