Orac. SibylL, 2"° fragm.,vers 23 (p. 6 de Friedlieb
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divines leur a fait commettre de lourdes bévues; ils n'ont pas su comprendre les symboles qui désignaient si clairement dans l'Écriture la venue du Christ crucifié; sans cela ils auraient également introduit dans le paganisme un dieu crucifié. Eux-mêmes jouent le rôle qu'ils prêtent à ces pseudos-dieux ', lesquels ne sont donc, en définitive, que des démons déguisés.
D'autres chrétiens préfèrent une solution différente : Ces dieux, qui ont eu un commencement, ne sont pas des dieux, car ce qui est créé est sujet à la mort et à la corruption; si les dieux sont nés, ils sont morts et qui meurt n'est pas dieu \ Peut-être leurs noms désignent-ils des hommes divinisés en mémoire et en reconnaissance de quelques notables services ; les dieux ne seraient alors que des hommes morts depuis longtemps et de vains noms ^
A moins encore qu'ils ne soient tout simplement des allégories, des abstractions, et ils n'ont alors pas plus d'existence que l'allégorie et l'abstraction n'en ont elles-mêmes. Sous elles, il n'y a que de la matière et non des dieux '*. Dans tous les cas, les poètes ont brodé, défiguré, inventé, et rendu tous ces mensonges plus dangereux en les rendant plus séduisants \
TertuUien avait à choisir entre ces trois solutions. Il ne s'arrête pas à la troisième, qui fut toujours plutôt une explication de sceptiques et de philosophes païens, que de polémistes chrétiens, et il fond les deux premières en une doctrine réellement assez cohérente, bien que, parfois, les nécessités de son argumentation l'en-