Justin, / Apol., 55 ; Dial. C. Tryph
2. Athén., Leg., 19; Théophile, Ad Aiitol., II, 5 et s. ; Homère prétend que les dieux sont sortis de l'Océan, mais l'Océan n'est qu'une masse d'eau, ce n'est pas un dieu, à plus forte raison n'est-il pas le père des dieux.
3. Athén., Leg-., 28 et s... Au chap. 21, Athénagore collectionne tous les mots que les poètes ont mis dans la bouche des dieux et qui leur prêtent des passions humaines indignes de dieux véritables. Théoph.,.4tf AiitoL, 11, 3, s'étoime que les dieux aient déménagé de l'Olympe et de l'Ida, où ils ne se manifestent plus; il s'étonne aussi qu'ils n'aient plus d'enfants, après en avoir tant engendrés; il est vrai que s'ils avaient continué du même train, il n'y aurait plus de place sur terre pour les hommes. Ailleurs, Ad Aiitol., II, 8, Théophile conclut de l'examen de la généalogie des dieux : où yàp àT^éôei^av aOtou:; 630ùî àWi àvOpo')- Tcouî, o'ùi [ièv [AsOûffOuç ÉTÉpouç Trôpvoui; xal tpoveïç. — Cette doctrine n'était point neuve, puisqu'elle était le fondement même de l'Evhémérisme et les païens réfléchis avaient trouvé depuis fort longtemps les arguments que les chrétiens mettent en avant ; voy. particulièrement Cic, TuscuL, II, 12. — Arnobe, Adv. nat., III, 7, montre bien qu'il saisit cette filiation des arguments païens aux chrétiens, puisque, nous disant que les piétistes d'entre les gentils demandent que l'on brûle le De natiira deorum et le De divinatione, il ajoute : quibus christiana religio comprobctur et vctustatis opprimatur auctoritas.
4. Athénag., Leg., 22, qui se fonde sur Empédocle et présente cette explication comme l'œuvre de rationalistes païens. Tatien, Adv. Graecos, 21, engage d'ailleurs les païens à ne point expliquer ainsi leurs dieux, ce serait les détruire.
5. Ce n'est pas là non plus une idée purement chrétienne : Eurip. Herc.fur., V. 1346 (Dindorf) : àotSwv o'toc 5ûïXT,vot Wyoi .
traînent à en séparer les deux termes et à incliner tantôt vers l'un tantôt vers l'autre. Les dieux, dit-il, ne sont que des hommes divinisés par la volonté d'autres hommes; il faut, pour qu'il naisse un dieu, que l'homme lui soit d'abord propice, le fasse ', et ne le défasse pas \ TertuUien entend démontrer cette proposition générale, en établissant que Saturne, père de tous les dieux, et le plus ancien de tous, n'était qu'un homme; ses fils doivent donc être des hommes comme lui. Il se réfère alors aux écrivains latins et grecs qui ont parlé de Saturne ou de Kronos et conclut qu'on l'a dit fils du ciel et de la terre, simplement parce qu'on ne connaissait pas ses parents ^ Mais il y avait déjà plus de 3,ooo ans que le monde existait quand Jupiter est né ''. Né, il est mort, comme son père et comme tous les dieux, qui n'ont jamais eu d'existence divine, les chrétiens le savent parfaitement bien \ Il est vrai que ces dieux ont l'air de se manifester ^, mais ce ne sont point réellement des dieux qui tentent d'opérer des prodiges et des guérisons; ce sont des démons, qui empruntent le nom de ces dieux morts : la preuve en est que, devant n'importe quel chrétien, les dieux confessent qu'ils ne sont vraiment que des démons. D'autre part, s'il y avait des dieux, jamais les démons n'oseraient encourir leur colère en prenant leur place; donc il n'existe réellement que des démons et pas de dieux \
Tous les chrétiens, qui ont essayé après TertuUien d'expliquer l'origine et la nature des dieux du paganisme, n'ont fait que redire ce qu'il avait dit ; chacun insistant, d'ailleurs, selon ses préférences, sur celle des explications qui lui plaisait le mieux. Ceux qui se piquaient de connaissances spéciales sur la question, ajoutaient volontiers à leurs arguments ceux des épicuriens et d'Evhémère. Ainsi, selon Minucius Félix, les dieux ne sont que des démons ". Clément d'Alexandrie, qui ne craint point de disserter longuement, établit, par de nombreux exemples, que les dieux sont bien des hommes divinisés pour des services que leurs contemporains n'ont
1. ApoL, 5 : Apud vos de humano arbitratu divinitas pensitatur. Nisi honiini deus placuerit, deus non erit; homo iam deo propitius esse dcbebit.
2. Ad nat.^ I, lo : souvent les censeurs ont aboli un dieu sans seulement demander le consentement du peuple.