Apol
7. Clém. Alex., Disc, aux Cent., IV, 61 ; Lact., Inst. div., II, 6, 2 et s. : Veniunt igitur ad deos non tam religionis gratia, quac nuUa potest esse in rébus malepartis et corruptibilibus, quam ut aurum oculis hauriant.
8. M. Félix, Octav., 24 : quorum ritus si percenseas, videnda quam multa, multaetiam miseranda sunt; et il s'élève contre les exagérations des piétistcs, les excentricités des prêtres mendiants, etc.; August., De civ. Dei, VII, 26, proteste avec force contre les mutilations que le culte de la Mère des Dieux impose à ses prêtres; il considère que cela dépasse toutes les turpitudes de Vénus; évidemment il a oublié Origène.
9. Athcn., Leg., i3; Arnobe, Adv. nat., VII, passim, not. 1-18; Lact., Inst. div., VI, I et s.
10. Lucien, Icaroménippe, 27, raille déjà les dieux qui aiment la fumée et
ment très forts vis-à-vis de la vieille religion romaine, lorsqu'ils lui reprochaient de manquer de foi et de piété, parce qu'en effet elle ne connaissait pas foncièrement la foi; ce que les anciens Romains entendaient par piété n'avait aucun rapport avec les sentiments d'élan, d'amour et d'espérance que les frères enfermaint dans le même mot. Au même point de vue, ils étaient moins solides vis-à-vis des religions orientales; aussi en parlaient-ils beaucoup moins. Plusieurs d'entre eux comprenaient, en revanche, très bien que la religion romaine était toute dans des rites, dans des cérémonies formelles, qui n'avaient rien de commun avec la piété '. Tous affectaient de croire que le culte des païens s'adressait aux statues ' et leurs railleries n'avaient point de bornes à l'égard de ces dieux de pierre et de bois; de ces dieux faits de la main d'ouvriers, d'ordinaire peu recommandables, qui se moquent d'eux en les fabriquant d'après le corps de courtisanes ou d'infâmes modèles •'' ; de ces dieux qui ne savent se garder eux-mêmes ni des voleurs ', ni des rats qui logent dans leurs flancs, ni des oiseaux incongrus \ Les païens protestaient avec indignation, affirmant qu'ils n'adoraient pas ces statues, qu'elles n'étaient que des symboles, des représentations consacrées aux dieux, destinées à éveiller l'idée des dieux, mais nullement à les remplacer ^ Les chrétiens ripostaient ' que beaucoup d'hommes
l'odeur du rôti; Sur les sacrifices, 12 et s., il fait un tableau très vigoureux des détails répugnants que présentent les sacritices et qu'il juge irréligieux : où-/. E'jffEêÉç; Philostr., Apoll., \, 3i, nous montre Apollonius refusant d'assister à un sacrifice sanglant chez le roi des Perses. Il est vrai qu'il ne l'interdit pas, au contraire, il se contente d'éviter d'y prendre part lui-même.
1. Min. Félix, Octav., 24 l'entrevoit déjà; Lactance le voit très bien : Inst. div., V, 19, 29 et surtout IV, 9 : illa enim religio muta est... quia ritus eius in manu et in digitis est, non in corde aut in lingua sicut nostra, quae vera est.
2. Alhén. , Leg., 1 5, déclare que les païens ne savent pas distinguer entre Dieu et la matière puisqu'ils confondent de vains simulacres de pierre ou de métal avec la divinité. — Clém. Alex., Disc, aux Cent., IV, 56 ; Orig., C. Celse, I, 5; Arnobe, Adv. nat., III, i5.
3. Justin, /. ApoL, 9; Min. Félix, Octav., 23, insiste sur les laborieuses opérations que nécessite la fabrication d'un dieu; Clém. Alex., Disc, aux Gent., IV, 53, s'arrête de préférence sur la question des modèles; textes nombreux dans les Actes des Martyrs; voy. particulièrement, Acta SS. Felicit., etc., III (Ruinart).
4. Justin, I Apol., 9 : IJt, (j'jvopwvTa; à6é[XfC0v xat to voîtv ■?, 'Kéyt'.'^ âvôpwTrcj; Oeûv EÎvat '.pûXaxaç. — Arnobe, Adv. nat., VI, 20.
5. Min. Félix, Octav., 24; Clém. Alex., Disc, aux Cent., IV, 5i et 5; Lact., Jnst. div., II, 4 ; Acta SS. Victoris, etc. (Ruinart).
6. Athén., Leg., 18 ; Orig., C. Celse, I, 5 et VII, 66 ; avoue que Celse insiste sur cette idée, mais il ne la trouve pas juste. Censorinus, De Die natali, I, 19.
7. C'est la réponse d'Orig., C. Celse, VII, 66. Ailleurs, cependant (C. Celse, I, 5), il cite le témoignage de divers philosophes païens, d'Heraclite, de Zenon, qui, en protestant contre les dieux inanimés, lui paraissent simplement agir en vertu des règles de conduite que Dieu a imprimées dans l'âme de tous les hommes.
croyaient vraiment que ces vains simulacres étaient bien des dieux et qu'ils étaient, en tout état de cause, des repaires de démons, auxquels allaient tout droit les honneurs qu'on rendait aux statues '. Telle est, par exemple, la thèse de TertuUien ; mais elle n'a rien d'original, car c'est également celle des autres polémistes chrétiens. On conçoit qu'il n'ait pas été difficile aux fidèles d'expliquer les miracles que les païens prêtaient à leurs dieux, et opposaient aux prodiges démonstratifs de l'Eglise \ De même que les oracles, ils ne sont que sortilèges, œuvre des mauvais démons '. Ceux-ci donnent des maladies, puis prescrivent des remèdes, quelquefois même contraires au mal, après quoi, ils se contentent d'abandonner le malade et ont l'air de l'avoir guéri '*. Il leur est de même assez aisé de rendre des oracles, car étant très vites, ils parcourent la terre en un instant et savent ce qui se passe en tous lieux. En outre, ils connaissent les prophéties divines et en tirent de précieux renseignements ; ils savent aussi être ambigus et faire des réponses qui s'appliquent à tous les cas. On dit qu'ils prédisent bien le temps qu'il fera ; ce n'est point surprenant, car ils se tiennent en l'air, en voisinage des astres, et ont commerce avec les nuages; il leur est peu difficile de savoir à quoi s'en tenir \ Quand on admet seulement que les dieux sont des démons, il n'y a pas grand chose à répondre à une semblable explication et les chrétiens la jugent excellente ^ Certains d'entre eux y ajoutent des railleries sur la niaiserie des pseudo-présages et s'efforcent d'en ramener bon nombre aux proportions de simples accidents naturels. Au reste, les païens eux-mêmes faisaient depuis longtemps le tri de ces miracles