ApoL
6. Commodien, /«sfî-., I, xi : ApoUo sortilegus falsus; Cyprien, Qiiod idola... .^ 6 et s.; Lact., Inst. div., II, 7 et 8 :... has omnes (divers miracles païens qu'il vient d'énumérer) numinis (le diable) praestigias revelabo quibus inducti homines a veritatis via longius recesserunt.
et Clément d'Alexandrie n'a guère qu'à mettre bout à bout des citations de moralistes ou de poètes comiques pour fonder sa propre thèse '. Les oracles surtout égaient les chrétiens et ils se laissent parfois aller pour les ridiculiser à des plaisanteries vraiment trop faciles. C'est ainsi qu'Origène, qui est d'ordinaire un homme très grave, se livre à des considérations d'une extrême inconvenance sur la Pythie; après avoir doctement établi qu'Aristote, les péripatéticiens et Epicure nient la véracité de la prophétesse, il ajoute que, puisqu'elle s'assied sur un trépied et reçoit le souffle de dieu par ses voies les plus secrètes ^ il faut que le démon qui joue le dieu soit bien impur, autrement il ne choisirait pas un tel chemin. Arnobe soutient que les dieux sont incapables de remplir leurs fonctions spéciales: Flore laisse alternativement dessécher ou geler la végétation ; Junon laisse mourir quantité de femmes en couches et périr maint nouveau-né; Vulcain laisse brûler des maisons nombreuses et même des temples. Comment feraient-ils des miracles ^? Au reste, peut-on douter que les démons ne soient les auteurs de tous les sortilèges? Ils l'avouent eux-mêmes quand on sait les contraindre '.
Il y avait évidemment beaucoup de païens qui ne croyaient guère aux mythes, aux miracles et aux oracles de la religion officielle; mais, en dehors et au-dessus de ses conventions, ils plaçaient l'enseignement des mystères, la doctrine secrète qui donnait à l'initié la plénitude de la connaissance divine et de la sagesse sacrée. Ces mystères constituaient une redoutable concurrence pour le christianisme, et l'ennui qu'elle causait aux fidèles se doublait de l'agacement qu'ils devaient inévitablement ressentir ^ quand un païen