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Clém. Alex., Disc, aux Gent., II

5. Il est pourtant certain que les mystères eurent une grande influence sur les cérémonies chrétiennes et particulièrement sur certaines sectes hérétiques; voy., Tert., ^liv. Valentinianos, 1 ; Eus., H. E., IV, 11 et Dict. des Aiit., Eleiisinia, pp. 579-580. Sur la critique des religions orientales, qui gênèrent évidemment beaucoup le christianisme, particulièrement sur Sérapis, Isis et Mithra, voy. Firm. Maternus, De erroreprof. relig., 14; 23; 20, 21, 27.

fût le fondement de l'Etat païen, non plus que celui de la famille. Alors même qu'ils auraient admis l'Etat païen, ils ne pouvaient à aucun degré admettre le paganisme, a fortiori le paganisme d'Etat; et c'est pourquoi ils s'élèvent avec une violence particulière contre la religion officielle de l'État, contre les dieux et les rites traditionnels, et contre le culte des empereurs '. Notons qu'à l'époque de Tertullien le christianisme n'était point encore, même en puissance, religion d'Etat, et qu'au sens antique il était même la négation d'une telle religion, puisqu'il sortait de l'Empire en s'adressant à tous les hommes \ La religion de la famille ne saurait être plus respectable que l'autre '\ les ancêtres ont été des hommes et rendre un culte à des hommes est impie "; le christianisme n'en est point encore vraiment au culte des Saints qui sera, sur ce chapitre, comme la revanche du paganisme '. Au reste, Tertullien ne conçoit qu'une seule religion, la vraie, qui doit être commune à tous; les distinctions aristocratiques, que le cuire du foyer établit entre les hommes, disparaissent devant l'égalité chrétienne, car le Christ est mort pour l'esclave, comme pour le maître ^. D'autre part, si un chrétien ne conçoit bien la famille que fondée sur la religion et sur la communion dans la foi, il ne saurait admettre qu'elle ne soit qu'une communauté d'impiété nécessairement immorale, ainsi que l'est à ses yeux une association païenne quelconque.

Les païens sceptiques, eux-mêmes, tenaient en réserve un argument qui leur rendait la religion commune encore respectable Tout en faisant bon marché de toutes croyances, ils affirmaient que cette religion gardait pour le peuple une valeur coercitive, qu'elle le maintenait dans certaines limites par la crainte des dieux. Il n'en est rien, proclamaient les chrétiens; la religion païenne ne peut que corrompre et souiller les âmes et les corps. Le triomphe leur était d'ailleurs facile sur ce point; il leur suffisait de puiser dans la mythologie poétique et populaire ; il s'y étalait une si naïve impudeur qu'ils n'avaient que l'embarras des arguments. Nous avons déjà dit que les païens instruits et zélés répudiaient dès longtemps ces histoires scandaleuses, plus même parfois qu'il n'aurait bien fallu, car ils n'entendaient pas toujours le sens des mythes; néanmoins les chrétiens ne leur tenaient aucun compte de ces

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