‹ TertullienChapitre 264 sur 561 · Adv. Marc, V · texte numérisé non relu

Adv. Marc, V

9. Ad. Scap., en entier. Remarquons d'ailleurs que, dans cet ouvrage, Tcr- [tuUien ne prétend pas convertir Scapula ; il veut seulement l'avertir du danger [auquel il s'exposerait en persécutant les chrétiens.

10. Cicéron, De Legibiis, II, 8 : Separatim nemo habessit dcos; neque novos sive advenas, nisi publice adscitos privatim colunto. De même, Celse ne peut concevoir une religion que comme religion nationale; une religion universelle lui paraît tout à fait utopique et il voit très bien qu'être chrétien, c'est protester contre la religion nationale : Orig., C. Celse, V, passini; Renan, 3/. Aiir., p. 366.

tout ce qui est hors d'elle ; elle proclame, en revanche, ce principe de propagande universelle qui l'empêche de devenir elle-même le fondement nouveau de l'État. Elle change, non pas, si l'on veut, la morale, mais la vie morale, la place de la morale dans la vie courante ; elle change enfin complètement la vie, dans son sens comme dans son allure ; elle n'est pas une transformation, elle est un bouleversement '. C'est pourquoi TertuUien avait assez mauvaise grâce à s'écrier pathétiquement. « Il n'y a que nous qui n'ayons pas l'air d'avoir une religion: nous offensons les Romains et on ne nous considère pas comme des Romains, parce que nous n'adorons pas le dieu des Romains \ » Celse lui avait d'avance répondu en ces termes : « Refusent-ils d'observer les cérémonies publiques et de rendre hommage à ceux qui y président, alors qu'ils renoncent aussi à prendre la robe virile, à se marier, à devenir père, à remplir les fonctions de la vie ; qu'ils s'en aillent tous ensemble loin d'ici, sans laisser la moindre semence d'eux-mêmes et que la terre soit débarrassée de cette engeance \ »

1. Renan, M. Aur., p. Syi, montre très bien l'impossibilité dans l'Empire, de, la liberté absolue en matière religieuse; il fallait qu'il y eût une religion d'Étal et, se fondant sur le texte de Méliton, ap. Eus., H. E., IV, 26, 7, cité plus haut (p. 36); il imagine qtie, dès l'époque de M. Aurèle, le christianisme songe à devenir une religion d'État; Méliton peut avoir cette idée de derrière la tète, TertuUien ne l'a pas.

2. ApoL, 24... nos soli arcemur a religionis proprietate. Laedimus Romanos nec Romanis habemur qui non Romanorum Deum colimus. — Ce texte n'est d'ailleurs pas sans présenter quelque obscurité : « Il n'y a que nous qu'on écarte j), veut-il dire : ;< du fait de notre religion » ou « de la propriété de notre religion » ; c'est-à-dire : « Il n'y a que nous qui ne puissions avoir notre religion? » II suffit, pour préciser le vrai sens, de se référer aux autres passages où TertuUien emploie le mot proprietas : ce mot veut dire pour lui « qualité propre » : De corona, 10 : usque adhuc proprietatem istius habitus... vindicamus; De praescr. haeret., 35 : Posterior nostra res non est... apostolis ubique non damnatur, immo defcnditur hoc crit indicium proprietatis; De fuga, 2 : Vides iam et a servis Dei facilius diabolum accipcrc potestatcm; tanto abest, ut eam eo proprietate possideat. Quant à a, il marque l'origine : Ad uat., I, 10 : Videamus saepc castratum Attin deum a Pessinunte. — Voici donc la suite du développement : on permet les vaines superstitions des Egyptiens; chaque province, chaque ville a son dieu, nous, nous sommes écartés de la propriété d'une religion; nos croyances ne sont pas pour vous une religion.

3. Orig., C. Celse, VIÙ, 35. J'emprunte cette traduction à Renan. M. Aurèle, p. 366.

I. La famille romaine à la fin du ii'' siècle. — U. Opinions de Tcrtullien et des chrétiens en général sur le mariage. — III. La question des enfants. — IV.' Le mariage tel que pourrait l'admettre Tertullien; tradition de l'Église a'ce sujet. — Principes d'une famille chrétienne.

I. — La famille romaine à la fin du ii« siècle n'est plus la vieille famille aryenne « cercle éiroit, fermé, étouffant, égoïsme à plusieurs aussi desséchant pour l'âme que l'égoïsme à un seul ' ». Depuis que ses cadres religieux se sont élargis, elle a reçu de l'usage et des mœurs de nombreuses et notables modifications : les efforts, faits par le gouvernement pour la maintenir dans un état plus ou moins voisin de son intégrité première, ont échoué, si bien que cet échec est considéré, par certains, comme un véritable péril social. Sur plus d'un point, d'ailleurs, le gouvernement luimême a volontiers cédé et il a consacré par des lois ce que le progrès avait apporté de modifications raisonnables et humaines à la rigueur de l'ancien droit familial ". Or, en théorie, la famille païenne repose toujours sur le mariage légal '' et la monogamie ; elle s'appuie sur l'autorité paternelle \ elle se perpétue par la procréation des enfants ou par l'adoption, elle vit par les affections familiales; mais, en même temps, elle se désagrège parle divorce'*.

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