‹ TertullienChapitre 265 sur 561 · Renan, Apôtres, p. 126 et s · texte numérisé non relu

Renan, Apôtres, p. 126 et s

2. Renan, M. Aiti-., p. 26 et s., donne les textes juridiques essentiels.

3. Il faut d'ailleurs remarquer que, sous l'Empire, le concubinat devient franchement une sorte de mariage inférieur, mais légal, car les enfants qui en peuvent sortir sont dits naturales liberi et non spwii : Dict. des Antiq., Concubinatns, p. 1436.

4. C'est elle pourtant qui a eu le plus à souffrir des réformes antonines; Duruy, Hist. des Rom., V, p. 6 ; 16; Sg; etc. ; Renan, M. Atir., 26.

5. Martial, Epigv., VI, 7 ; Sen., De benef., III, i6. Les mesures prises depuis Auguste pour limiter l'abus du divorce demeurent impuissantes.

28o CHAPITRE IX

s'embrouille par les secondes noces ', s'éteint par le célibat ^, par la suppression \ l'abandon ou l'exposition des enfants \ se corrompt par l'adultère ^ L'égoïsme, et diverses autres passions, luttent de concert contre la vieille famille, pour éviter aux hommes ses charges et ses contraintes. Et pourtant il fallait que sa constitution théorique fût maintenue dans l'intégrité de ses principes, à peine d'une profonde modification de la société. Au moins était-il essentiel qu'il demeurât une union des sexes suffisamment régulière pour assurer à l'État un nombre convenable de citoyens, car, suivant le mot de Varron, « le bon citoyen doit vivre pour sa patrie et mettre au monde de nombreux enfants pour la servir ^ ». Pour l'État et pour la société comme pour l'espèce, le mariage n'a en effet de sens qu'en tant qu'il est la forme légale de l'union des sexes.

II. — Sur le mariage, les opinions de Tertullien sont en apparence très contradictoires. Tantôt il y voit un des vices du siècle et il déclare que les hommes mariés doivent vivre comme s'ils ne Tétaient pas '; tantôt il proclame la dignité de la chair ** et la sainteté de la maternité, ce qui est a fortiori Justifier le mariage ''. Pourtant cette contradiction n'est point si irréductible qu'on pourrait le croire.

II convient d'abord de distinguer, quant à l'origine des idées de

1. Conséquence naturelle de l'abus du divorce. Voyez, par exemple, la liste des divorces et mariages de Claude dans Suet., Claude, 26.

2. C'est une des grandes préoccupations d'Auguste : Suet., Aiig., 34; Hor., Carm. Saec, 17; mais les lois Jitlia et Papia Poppea soulèvent de grandes résistances sans triompher du mal.

3. Sur l'avortement : Ovide, Amores, II, 14, 36 et s.; Juven., Sat., II, 32; VI, 5g5 et s.; Suet., Dont., 22; Sen., Ad Helv., 16; Pline, Ep., IV, 11. — La première loi que nous connaissions sur le délit d'avortcment est de S. Sévère et Caracalla : P. Orosc, VIII, 17; Dig., XLVII, 1 1 ; la chose est grave, puisque l'État s'en occupe. — Sur Tinfanticide proprement dit, Ter't., Ad nat., I, i5 ; jl prétend que nulle loi n'était plus violée que celle qui protégeait le nouveau né. Des mesures sévères sont prises cependant par Sévère et Caracalla : Dig., XXV, 2, 4 ; mais Lact., Inst. div., VI, 20, affirme la persistance de la criminelle pratique.

4. Suet., Aiig., 65; Sen., De benef., III, 16; Pline, Ep.,X, 21; Dion Cass., XLV, I.

5. Auguste s'en occupe spécialement; Suet., Aug., 34; ses dispositions renouvelées plusieurs fois, demeurent inutiles : Sen., Ep., g5 ; De benef., III, 16; Tac, Hist., I, 2; Sévère les reprend sans plus de succès: Dion Cass., LXXVI, 26.

6. August., De civ. Dei, XIX, i. Voy. également Suet., Claude, 21 ; preuve curieuse de l'intérêt que l'État attachait à la procréation des enfants.

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