De rcsiir. carn., passim
(j. De carne Christi, 4.
TertuUien sur le mariage, deux sources assez différentes; Tune, c'est le dogme même de l'Eglise et une tradition, assez ferme dès le 11^ siècle; l'autre, c'est une tendance, qui ne date point de TertuUien, mais qui est tout à fait conforme à son caractère, lequel le portait à exagérer dogmes et traditions dans le sens de l'austérité. Le christianisme primitif n'aime pas le mariage ' et il serait tenté de le réprouver pour deux raisons essentielles : d'abord le mariage, en lui-même, implique la satisfaction d'instincts naturels et le christianisme imagine que rien n'est plus agréable à Dieu que de dompter la nature " ; en second lieu, il comporte ou entraîne des occupations et des préoccupations qui détournent le chrétien de la pensée de Dieu et du salut •^; c'est pourquoi mieux vaudrait ne pas se marier''. Les premiers chrétiens ne varient pas sur ce point; mais le christianisme se trouve en face d'êtres humains, chez qui les faiblesses naturelles ne sont pas toujours possibles à contraindre et chez qui les instincts sexuels pourraient, en cas de prohibition absolue, prendre parfois des revanches qui ne tourneraient pas à l'édification ^ Il pourrait même arriver que la lutte de l'homme contre lui-même réclamât tout son effort et tout son temps ; si bien qu'en définitive le salut n'y trouverait pas son compte. C'est pour donner satisfaction, dans une mesure aussi restreinte que possible, à la nature et aux instincts de l'espèce que l'Apôtre écrit : « Mieux vaut se marier que brûler*^ » ; mais il vaudrait mieux ne pas brûler, se faire eunuque de cœur, éteindre en soi tous les désirs charnels ^ Le mariage n'est donc qu'un pis aller ; toutes les formules destinées à le sanctifier et à le rehausser ne changeront rien au véritable caractère de la concession apostolique ". Aussi bien, dès le début delà communauté chrétienne, les interprétations rigoristes se produisirent ^ et le christianisme conserva toujours dans son sein
1. La doctrine de saint'Paul en est la preuve et, pourtant, c'est sur elle que se sont fondés les défenseurs chrétiens du mariage : / Cor., VII.
2. / Co7-., VII, 1 : ^aXov àyÔpoÎTru yuvaixôç [Arj âTr-csaôai.