Carm. Apolog
vers 58o : Sufficiunt ista rudibus, bono corde tuenda. vers 58 : Et rudes edoceo ubi sit spes vitae ponenda.
Il revient souvent sur le luxe des femmes, sur la vénalité des juges, sur l'inhumanité des riches, tous lieux communs agréables au peuple. Cf. Boissier, op. cit., p. 47'
sa ruine que préparent les barbares et il raille sa prétention à l'éternité '. Cet homme n'a plus au cœur aucun sentiment romain; c'est un pur chrétien intransigeant. Qu'en conclure ? Fût-il un isolé, un tertullianiste, un hérétique ? Ou bien s'est-il laissé aller à exprimer ses idées tout entières, en renonçant aux concessions que Tertullien faisait encore, parce qu'il savait que la passion de ses auditeurs approuvait d'avance ses exagérations et ses violences? On peut hésiter; toutefois, c'est la seconde hypothèse qui me paraît la plus plausible. Je crois probable que la romanisation, dans des provinces douées d'une forte originalité, comme l'Afrique, n'a véritablement atteint que les bourgeois et les propriétaires. Au dessous d'eux, il dut toujours rester une grosse masse d'hommes inaccessibles aux idées générales, uniquement menés par leurs préjugés héréditaires et trop préoccupés de vivre pour s'inquiéter beaucoup du maître et du régime sous lequel ils vivaient '. Ces humbles, qui gardaient sans doute à l'égard du gouvernement la méfiance malveillante qu'ont souvent les petites gens à l'endroit de la force publique, pouvaient être assez facilement gagnés par le christianisme. Celui-ci était susceptible, en effet, de s'adapter à leur état d'esprit, à leurs aspirations religieuses et sociales. Le même pour tous, du moins en apparence, exaltant les espérances d'une vie future meilleure, adoucissant les souffrances d'ici-bas, dégagé des cadres et des préoccupations de l'État, parfois même en conflit violent avec lui, en même temps assez souple pour s'accommoder à tous les tempéraments, il avait ce qu'il fallait pour être populaire, particulièrement en Afrique. Divers témoignages nous prouvent que tel y fut, en effet, son caractère aux premiers siècles ■' et nous per-