‹ TertullienChapitre 281 sur 561 · De exhort. castit · texte numérisé non relu

De exhort. castit

mariage en lui-même n'est déjà pas si bon que nous devions le renouveler quand la mort l'a rompu. Satan, qui parfois imite Dieu, a donné aux païens le respect de ceux qui ne se marient qu'une fois et il est de leurs prêtres, ou prêtresses, qui ne peuvent se marier deux fois. En un seul cas, les secondes noces pourraient être permises : un païen a épousé une païenne; il devient chrétien; elle reste dans Terreur et y meurt; s'il se remarie en épousant une chrétienne, il ne pèche pas, parce que sa seconde femme est, en réalité, la première aux yeux du Seigneur. Ainsi se trouve expliquée et justifiée la parole de TApôtre ' : les veufs peuvent se remarier, pourvu que ce soit dans le Seigneur \ Il est clair que, ce disant, Tertullien interprète S. Paul à sa manière et S. Augustin ne manquera pas de le lui reprocher plus tard '' ; mais, en aboutissant à une interdiction en réalité absolue — car il n'est guère possible à un vrai chrétien de contester la solidité de son raisonnement et de s'en tenir, malgré tout, à la lettre du précepte apostolique — en aboutissant, dis-je, à une interdiction absolue des secondes noces, il reste logique et demeure d'accord avec une tradition sérieuse. Ce n'est point son interprétation qui prévaudra dans l'Eglise, à plus forte raison dans le monde ; mais il restera toujours, parmi les chrétiens, quelque discrédit sur les secondes noces et il n'est pas impossible d'en trouver quelques traces dans le charivari des remariés tel qu'il se pratique encore dans nos campagnes \

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