‹ TertullienChapitre 288 sur 561 · Acta SS. Nicandri et Marciani, III (Ruinart · texte numérisé non relu

Acta SS. Nicandri et Marciani, III (Ruinart

4. Vita S. Basilisci, ap. Boll., 3 mars; Le Blant, Actes des Mart., Sect. I, § 2-3, etc.

rer la félicité éternelle dans le royaume des cieux \ Pour un païen, un tel sentiment était si incompréhensible que des Acta nous montrent le juge inclinant aux pires suppositions plutôt que de Tadmettre \ Ceux même d'entre les martyrs qui paraissent complètement détachés de leurs parents, peuvent les aimer à leur manière sans le montrer. C'est toujours le même problème qui s'agite dans l'âme et dans le cœur de ces chrétiens extrêmes : il faut choisir entre le Christ et les affections terrestres ; l'homme demeure le libre et souverain arbitre de sa conduite ; mais il ne doit pas oublier que son salut dépend de la décision qu'il prend ^.

Si modifiés que fussent les fondements de la vieille famille romaine, elle était encore aussi éloignée de l'altruisme confessionnel que du sacrifice d'elle-même à une foi surnaturelle ", c'est pourquoi les doctrines chrétiennes, même adoucies par la pratique, la condamnaient à la ruine inévitable. Des principes sur lesquels elle repose, un seul subsiste, celui de l'autorité paternelle, fortifié de l'idée de la responsabilité paternelle devant Dieu. Il n'était pas, en effet, dans l'esprit du christianisme de nier l'autorité du père et il l'avait de tous temps affirmée, non pas certes comme une nécessité juridique, le droit n'étant pas son affaire, mais comme une obligation religieuse et morale, une convenance tout aussi impérative qu'un article de code. Femme ^ et enfants *^ doivent au père

I. Cette impression apparaît très nette dans l'histoire du martyre de S. Romanus, rapportée par Prudence, Peristepli., Hymn. X : il a sept ans, sa mère l'assiste, le réconforte, le prend sur ses genoux avant que de le livrer au bourreau. L'authenticité du fait lui-même importe très peu ici ; il nous suffit de voir les sentiments que sa relation exprime, notés par une plume chrétienne.

1. Acta SS. Nicandri et Marciani, I (Ruinart) : Uxor vcro Sancti Nicandri, nomine Daria, praesens virum proprium verbis huiuscemodi animabat, dicens : cave, domine, ne id facias ; cave. Domine, ne Dominum nostrum lesum Christum neges. Intuerc caelum... Ad quam Maximus (Pracses) : malum, inquit, caput mulieris, cur virum tuum mori desideras? Illa vero : ut vivat, inquit, apud Deum... Et Maximus : non ita est, sed quia robustiori vire desideras copulari elle oMre alors de mourir la première.

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