ApoL, g
6. Athén., Leg., 35 et Justin, I ApoL, 27, soutiennent des idées semblables.
7. Voy. partie, Clém. Alex., Pedag., 111, 3, 21; Lact., Iiist. div., VI, 20; Conc. Eliberit., Can., LXIII, ap. Mansi, II, p. i5 a fragment, ap. Mansi, II, p. 20; Conc. Ancyr., can. XXI, etc.
8. Il lui suffit qu'il soit commis en pensée; le désir équivaut à la chute: De idoL, 2.
g. De piidic, not. 4 et 5.
Zéphyrin s'était même officiellement prononcîé pour la miséricorde. En y songeant, la colère de notre auteur ne connaît plus de bornes ; « Mieux vaudrait pour l'Église être appelée caverne de voleurs qu'asile d'adultères et de fornicateurs ' ! » Or si l'Evangile et la tradition chrétienne condamnaient sévèrement l'adultère, fruit du mensonge et de la concupiscence, s'ils réprouvaient, avec une égale impartialité, la faute de l'homme et celle de la femme \ il y avait, dans l'intransigeance de la thèse de Tertullien, quelque chose d'inadmissible et d'imprudent, qui donna finalement la victoire au conciliant Zéphyrin. Ce ne fut toutefois pas sans résistance de la part des rigoristes. C'est ainsi que la question se reposa et très nettement devant S. Cyprien; il la trancha dans une lettre qui nous prouve que le rigorisme de Tertullien conservait des partisans parmi les évêques et que chacun d'eux se réservait le droit d'agir à sa guise vis-à-vis de ses ouailles. S. Cyprien, fondé sur l'Écriture, dont il avance les textes, estime qu'il n'y a pas de péché qui ne puisse être remis ■'. L'anecdote de la femme adultère, à laquelle Jésus pardonne, était évidemment un argument décisif pour les partisans de l'indulgence ; aussi, à en croire S. Augustin, certains intransigeants l'avaient supprimée du texte évangélique ''. Les conciles du ive siècle nous permettent de voir que, dans la pratique, c'est l'indulgence qui l'emporte. Sans doute, les pénitences imposées aux coupables sont très longues; on les exclut de l'Église et ils n'y rentrent que lentement, après avoir donné des preuves certaines de leur repentir; mais ils y rentrent et, s'ils se trouvent en danger de mort avant la fin de leur épreuve, ils sont admis à la communion in extremis. L'Eglise d'alors a définitivement pris contact avec l'humaine faiblesse et elle a su transiger avec la chair, sachant que celle-ci se révolterait irrémédiablement si on lui imposait des contraintes trop pénibles et trop absolues \ Elle s'efforce seulement de limiter son indulgence, de demeurer impitoyaWeaux récidivistes" et de garder la pureté de son clergé '.
V. — Quand les obligations chrétiennes se seront adoucies dans un monde tout chrétien, que le conflit ne sera plus chronique entre la foi et le siècle, il se constituera une famille chrétienne dans