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6. Saturn., 3ï : El yàp TaD-ca, ooizi, zotfjasxE, [i-ri5è àixcpuê-riTstv ujaîv ëti twv àya- 3wv èul Toij A(o;.
3l8 CHAPITRE X
réconfortez-les, réchauffez-les, afin qu'ils se sentent comme enveloppés de vous '. » L'État lui-même multipliait les institutions charitables \ Cependant, certains philosophes, et les plus haut placés par l'esprit et par la doctrine, écartaient a priori le problème comme superflu. Toutes choses que les hommes considèrent comme des biens et des maux, leur sont — disaient-ils — distribués au hasard, et, si les bons se trouvent lésés dans le partage, c'est qu'en réalité toutes ces choses-là n'ont en soi aucune valeur morale et qu'elles ne sont ni des biens, ni des maux ". Aussi tous les rêves philosophiques de régénération et de réglementation sociale, ceux d'un Platon, par exemple, demeurent des utopies, dans la pratique, et n'ont jamais changé personne; or, ce sont les hommes qu'il faudrait tout d'abord changer ''. Dans la vie courante, un stoïcien, comme Marc-Aurèle, faisait fléchir la rigueur de cette thèse, puisque c'est au règne de ce prince que remontent beaucoup de mesures charitables officielles et que c'est lui qui signale, sur un ton de blâme, la dureté de cœur de l'aristocratie romaine '\
Si donc nous essayons de saisir ce qu'il peut y avoir d'impersonnel et de général dans les écrits de Lucien et dans les quelques textes que nous venons de rassembler, il nous est impossible de conclure qu'il existe couramment, au ii« siècle, une vraie pitié pour les pauvres et qu'il existe aussi un socialisme, au sens moderne du mot; c'est-à-dire qu'il y ait, en dehors de toute considération sentimentale, des projets plus ou moins pratiques de refonte de la société; mais, au moins, pouvons-nous affirmer qu'on voit l'injustice sociale et la misère de ceux qui n'ont rien, qu'il y a au moins un désir de charité et que les esprits, comme la société, sont préparés au socialisme.
II. — Or, Lucien considère les chrétiens de son temps comme une secte communiste^'; est-ce donc que le christianisme serait arrivé à préciser, à amplifier les questions posées, d'une manière
1. Pline, Ep., IX, 3o : Primum est autem suo esse contentum : deinde quos praecipue scias indigere, sustentantem foventemque, orbe quodam societalis ambire
2. Duruy, Hist. des Rom., V, p. i6i s. et notes; Renan, Apôtres, p. 323 et s.; M. Aur., 20 et s. et plus bas le chapitre de cette Étude consacré à la morale.
3. M. Aur., Pensées, II, 1 1 : oux' âo' àyaOâ, o'jtî xaxâ Èffti. Censorinus, Z)e die nat., i, 2, pense que la richesse n'est en soi ni un bien, ni un mal; elle tient le milieu entre les deux : .... sed tôjv ijiswv hoc est bonorum malorumque média censeri.