‹ TertullienChapitre 351 sur 561 · Annales, I, 76 : Quanquam vile sanguine nimis gaudens · texte numérisé non relu

Annales, I, 76 : Quanquam vile sanguine nimis gaudens

11. Lucien, Demonax, 46 : llaOsai, è'-jr,, ôjiôtiiaov uauTOÛ tôv oo'J>>ov àrosaivtov.

12. Voy. Aliard, Les Esclaves clirct., le livre I en entier: L'Esclavage romain.

i3. Sen., Natur. quaest., III, Pracf., i5 : sibi servira gravissima servitus est. Wallon, III, p. 22 et s.

LES DISTINCTIONS SOCIALES ET l'eSCLAVAGE 87 1

de vue moral, penchent vers une solution qui n'est qu'un compromis entre les principes qui la fondent et la pratique courante du siècle. Ils prêchent la pitié, radoucissement du sort des esclaves par la volonté du maître, l'établissement de liens d'affection et de dévouement entre les esclaves et leur maître, le respect obtenu d'une volonté libre, gagné par la bienveillance et remplaçant la crainte '. Les autres, plus inclinés vers l'abstraction et le rigorisme philosophique, ne voient rien d'autre à faire que d'arriver à la liberté parla vertu, l'àme étant toujours libre quand elle veut \ C'est la solution stoïcienne d'Épictète ^; c'est aussi celle de Philon qui écrit un livre pour la fonder*. Aussi bien la pratique n'est-elle guère modifiée par ces spéculations diverses. Il serait cependant exagéré de prétendre qu'elles soient demeurées sans effet, car elles ont au moins engendré de notables exceptions personnelles : celle de Plutarque qui a répondu si joliment à la boutade de Caton sur les vieux esclaves, les vieux bœufs et les vieilles ferrailles \ ou encore celle de Pline le Jeune, qui ne semble vraiment guère avoir épouvanté sa maison ". Elles ont eu aussi une autre importance; elles ont agi sur le droit et la jurisprudence qui, depuis la fin du i®'" siècle, se sont constamment modifiés dans le sens de l'adoucissement du sort des esclaves et de leur protection plus efficace '. En tenant compte du progrès des sentiments d'humanité ratifiés et codifiés par la loi, rien n'était changé à l'époque de Tertullien dans la société païenne, quant au principe de l'esclavage. Or, n'oublions pas que Tertullien avait vécu dans le siècle, qu'il était juriste " et que c'était une forte et durable empreinte que celle des études de droit. Reste à savoir si, sur ce sujet, le christianisme ne contredisait pas les idées admises.

Sans doute, le christianisme affirmait l'égalité de tous les

1. Toutes ces idées sont très bien exposées par Sen., De benef., III, 19 ; De ira, passim, not. i, i5 ; II, 25 ; II, 84; III, 5; III, 35 ; De clementia, I, 18 ; Ep., XLVII, i3-i5 ; 16-17. Wallon, III, p. 24 et s. Apollonius qui, au dire de Philostrate, ne dédaignait pas les esclaves (Philostr., ApulL, IV, 34), est pourtant très exigeant à leur égard ; ils doivent mettre tous leurs soins à plaire à leur maître, autrement, ils méritent d'être anéantis comme ennemis des dieux, — dont ils contrarient la volonté (/Ijpo//., IV, 40).

2. Hor., Sat., VII, 77 : Quisnam igitur liber? Sapiens. Publ. Syr., Sent., 586 : qui docte servit. partem dominatus tenct. — Textes divers dans Wallon, III, p. 20 et s.

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