‹ TertullienChapitre 356 sur 561 · Renan, M. Aur., p · texte numérisé non relu

Renan, M. Aur., p

LES DISTINCTIONS SOCIALES ET l'eSCLAVAGE SyB

surtout, il y a la conviction de Tinutilité certaine d'une semblable réforme, qui n'aurait d'effet qu'en ce monde transitoire et négligeable, puisque tous les hommes sont égaux au ciel. Est-il besoin d'ajouter que le montanisme de notre auteur le replace dans un état d'esprit très analogue à celui des premiers chrétiens, et réloigne de tout souci des terrestres contingences?

Il existait, au moins pratiquement, un palliatif à l'esclavage, l'affranchissement. On sait combien il s'était étendu sous l'Empire et à quelle situation atteignaient parfois les affranchis ' ; mais il était logique que Tertullien n'approuvât pas même ce médiocre remède, qui n'avait pour but qu'une modification de la situation sociale des hommes, alors que le chrétien n'a aucune aspiration vers la liberté humaine. C'est pourquoi, non seulement il ne recommande pas l'affranchissement ', mais encore il ne paraît pas marquer plus de considération à l'affranchi qu'à l'esclave '. Les mœurs ordinaires, surtout le luxe des affranchis, lui déplaisent, l'irritent et achèvent sans doute de l'éloigner d'une pratique excellente en elle-même, mais que divers abus détournaient parfois de son caractère véritable*. Les mots violents, qu'il retient si difficilement, arrivent en foule sous sa plume pour caractériser les affranchis ''. Par dessus

1. Voyez H. Lemonnier, Etude historique sur la condition privée des affranchis aux trois premiers siècles de l'Empire romain. Paris, 1887, not., pp. 39-100; 251-279.

2. Il en décrit incidemment les actes principaux dans : De resur. carnis, 07.

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