De ciiltu fem., I, i
3. Apol., 21; De poenit., 7; c'est d'ailleurs une idée familière à Tertullien. Voy. de même : Athen., Lcg., 2; Orig., C. Celse, VI, 27 ; Lact., Inst. div., V, g. A l'époque de S. Augustin, il faudra abandonner cette illusion; il y a trop de chrétiens et, dans une de ses lettres [Ep., III, 1 67, 40), le saint laisse tomber cette rétlcxion mélancolique :.. .usque ad tinem huius saeculi nccesse est portet (Ecclesia Christi) bonos et malos. Si nous en croyons Salvicn, De gub. Dei, III, il y a, de son temps, beaucoup d'individus qui passent pour chrétiens et qui vivent loin de la morale évangélique. — Selon Commodien, Instr., II, 16, il y avait longtemps que l'Eglise avait pris l'habitude des concessions, qui n'étaient pas toujours faites que d'indulgence désintéressée.
4. Voy. Ludwig, TertuUian's Ethik in durdiaiis objecktiver Darstellung, Leipzig, i885, in-8°.
5. Voy. tout ce que nous avons dit de l'opinion des chrétiens sur la religion
Nous n'avons pas lieu de nous étonner de cette opinion, car il nous faut un vigoureux effort d'intelligence objective et de tolérance morale pour ne point nous y ranger. Il est clair que les mystères d'Isis, si morale que fût leur fin dernière, faisaient passer leurs adeptes par des degrés auxquels il eût été dangereux pour leur moralité de s'arrêter trop longtemps et qu'entre la pure doctrine et le fidèle, il y avait parfois une distance difficile à franchir. Restait la raison : les grands systèmes philosophiques ne reposaient en somme que sur elle. Elle pouvait être, comme le dit quelque part Lucien, ignorante, infidèle et à courte vue ' ; elle était pourtant le seul instrument que possédât l'homme pour s'étudier, se connaître, se comprendre et se guider; par elle seule, il pouvait se construire les principes et les grands préceptes d'une morale; c'était au nom de la raison que parlaient les païens éclairés ; c'était conformément à ses lois que Marc-Aurèle croyait vivre et c'était sur elle que Celse fondait sa critique de la religion chrétienne '. Mais, aux yeux d'un chrétien, la raison humaine n'est que faiblesse et fragilité "; frappée qu'elle est d'impuissance par le péché originel *. Quand elle a fait le seul effort fécond dont elle soit capable, c'est-à-dire quand elle s'est élevée à la connaissance de Dieu ^ sa valeur critique disparaît devant l'omniscience du Verbe divin ^ ; sur elle, l'homme ne peut rien fonder et sous son angle il
romaine. Il est inutile dentasser ici des références qui ne seraient que des redites.