Apol
elles hérétiques hésitent et discutent ' : chacun d'eux juge du bien et du mal à sa guise et au gré de ses passions \ Ils en voient l'origine dans un esprit déséquilibré, dans le destin, dans les influences sidérales; ils se refusent à la chercher en eux, où elle est \ Ils ont tort et leur hésitation tient à ce que Dieu ne les instruit pas de la vérité *. Pourtant le mal est reconnaissable de par sa propre nature '\ si bien même que ceux qui s'abandonnent à lui ne pourraient nier sincèrement qu'il ne soit le mal '^. Le mal c'est le péché ' ; c'est-à-dire la violation de la loi divine ^ clairement exprimée dans les Écritures et que tout homme est, de par sa raison, en état de comprendre ". Il s'en suit que le mal n'a pas d'existence absolue; il n'est pas inhérent à la matière, ainsi que le soutenait Celse '" ; il n'est même pas inhérent à l'homme, car le péché originel, qui pèse sur toute la postérité d'Adam ", est seulement une prédisposition au péché, une tare première, une faiblesse congénitale, qui donne barre au démon; ce n'est pas en soi un péché précis. Le péché est tout entier dans la volonté du pécheur ". Mais, n'est-ce pas Dieu qui a créé tous les hommes, les pécheurs comme les autres ? N'est-il pas aussi l'auteur de toute la création ? Alors n'estce pas lui qui a créé le mal? N'est-il pas l'auteur du mal? C'était là une question redoutable et Saint Augustin, qui en fut tout angoissé '\ n'était point le premier à en être ainsi touché '\ La réponse qu'y faisaient les chrétiens n'allait point sans quelque