C. Celse, IV
11. Deayiima, 19 : anima (hominis) velut surculus quidam ex matrice Adam in propaginem deductus...; De testim. anim., 3 : Satanam.... per quem homo a primordio circumvcntus ut praeccptum Dei excederet, et propterea in mortem datus, exinde totum genus de suo semine infectum, suae etiamdam nationis traducem fecit.
12. De exiiort. castit., 2 ; De anima, 21; Adv. Marc, II, 6; Orig., C. Celse, IV, 65 ; August., De libéra arbitrio, I, 3, 6 ; Confess.,'VU, 3, 4.
i3. Confess., VII, 3, 4 et s. : il avoue qu'il a été obligé de faire eflbrt pour comprendre que le mal vient de notre libre arbitre. 11 insiste plusieurs fois sur cette question (Confess., VII, 5 ; VII, 7).
14. La question est nettement posée dans Adv. Marc, II, 14, et, selon Tertullien, les hérétiques qui soutiennent que Dieu est l'auteur du mal, jouent sur les mots, en appelant Maux les justes châtiments que s'attirent les méchants : Dieu est l'auteur de ces maux-là, c'est incontestable; mais c'est le diable qui est l'auteur du mal véritable, car aucun mal ne peut sortir de la bonté divine {Adv. Marc, II, 6).
LA MORALE 4o3
hésitation : Tertullien avançait que Dieu, ne pouvant être l'auteur de quelque chose de mauvais ', avait simplement donné au diable pouvoir sur l'homme, que le véritable inventeur du mal, c'était le diable" et que Dieu se contentait de surveiller la répartition qu'en faisait le maudit \ Aussi bien il n'y a point sur terre, comme le voudraient certains païens '', une somme invariable de biens et de maux : l'ingéniosité du diable est inépuisable pour masquer le péché des apparences de la vertu \
En revanche, c'est Dieu qui a voulu que l'homme fût imparfait " : il a prévu la faute d'Adam et ne l'a pas empêchée ; sa préscience universelle lui permet même de prévoir nos péchés et cependant nous péchons : la vie humaine serait-elle donc dominée par une inflexible prédestination, et l'homme, simple jouet entre les mains de Dieu, échapperait-il à la responsabilité? Le christianisme tout entier s'écroulait si un pareil principe était admis. Que deviennent, en effet, l'effort personnel, le mérite, la sainteté qui en sont les formes les plus parfaites, que devient le salut, raison d'être de la vie, si la responsabilité et la sanction disparaissent ' ? Je sais bien que la contradiction qu'il y a à proclamer la prédestination et à affirmer l'existence de l'enfer n'a pas fait reculer tous les chrétiens ; mais cette contradiction suppose une si monstrueuse et si immorale iniquité que la raison normale se refuse à l'admettre. Tertullien et tous les chrétiens qui demeurent conscients de l'esprit du christianisme proclament donc le libre arbitre '\ Dieu sait
1. Adv. Marc, II, 6; Orig., C. Celse, IV, 55 ; d'ailleurs, l'auteur se contente d'affirmer, en déclarant que la démonstration l'entraînerait trop loin; IV, 65, pose et résout la question de même.
2. Adv. Marc, II, 14 ; idée exposée en détail par Lact., List, div., I, 8, 3 et s.
3. Voyez ce que nous avons dit sur l'origine de la persécution. — S. Augustin exprime plusieurs fois des idées semblables; Coiifess., I, 10, 16 : Domine Deus ordinator et creator omnium rerum naturalium, peccatorum autem tantum ordinator; De civ. Dei, XI, 17; In Psalm., 7 : aliud fccit et ordinavit; aliud autem non fecit sed tamen etiam hoc ordinavit.