De anima, 41 ; Irénée, Adv. omn. Iiaer., IV
7. Orig., C. Celse, VII, 68 et s. : Si on admettait que toutes choses se passent dans le monde uniquement selon l'expresse volonté de Dieu, il faudrait que Dieu endossât la responsabilité, non seulement des péchés des hommes, mais encore de ceux des démons et de tous les êtres capables de pécher; ce qui serait absurde : Dieu se contente de ne pas empêcher, ce qui est tout autre chose ; voy. conclusion analogue chez Clém. Alex., Strom., I, 17, 83.
8. On conçoit que Tertullien, qui tient tant à la récompense et au châtiment comme argument moral, soit, à ce sujet, très net et il l'est en effet. Voy. partie. De anima, 21 ; De exiiort. castit., 2; Adv. Marc, 11,5 et 6, particulièrement décisif. Les anciens, d'ailleurs, avaient déjà très bien posé le problème : Lucien, Dial. des Morts, 3o. — On trouvera l'exposé de la doctrine chrétienne
bien ce que fera l'homme en toutes circonstances ; mais, comme il lui a laissé la faculté de distinguer le bien et le mal ', il lui a, du même coup, laissé son libre arbitre " ; Tillusion de son libre arbitre serait peut-être mieux dit, mais je m'en tiens, pour le moment, aux arguments tels que les présente Tertullien. Donc l'homme ne naît pas mauvais ', il est seulement imparfait ', il est libre et, partant, responsable ; c'est même pour que sa responsabilité soit bien établie que la liberté lui est accordée et qu'il peut mal faire à sa volonté ^ C'est, en effet, un sophisme de dire que celui qui n'empêche pas est cause, que Dieu, qui n'empêche pas le mal, en est responsable, puisque c'est précisément pour conserver à l'homme sa responsabilité qu'il n'entrave pas le mal *' : il faut bien qu'au jugement dernier il puisse distinguer entre les bons et les méchants '. Sur terre, les méchants servent à édifier les bons\
Je ne dis pas que ces raisonnements soient tous inattaquables et que, par exemple, la conclusion qu'en tire Tertullien se présente à la raison sous des formes impératives ; mais la raison n'est point en cause ici : il s'agit de théologie. Donc l'homme est responsable de ses péchés ; c'est même le péché d'Adam qui, aux yeux de certains chrétiens, a donné à la mort prise sur lui et ses descendants ' ; selon
achevée dans August., De libero arbitrio; mais les règles essentielles en sont déterminées bien avant lui. Tatien, Adv. Graec, 8, déclare déjà que la notion du destin a été introduite dans le monde par la perversité des démons, quelle répugne à toute idée de justice, puisque, si on l'admet, la fatalité domine tout et le libre arbitre de chacun n'existe plus : les chrétiens, dès l'abord, tiennent donc à maintenir le libre arbitre pour maintenir la responsabilité pénale, faute de laquelle leur morale s'écroule. Voy. de m. Justin, Dial. c. Tryph. 141 ; Min. Félix, Octav., 1 1 et 36, etc.