‹ TertullienChapitre 382 sur 561 · De poenit., i · texte numérisé non relu

De poenit., i

3. ApoL, 41 : ... diligimus lenitatem, metuimus'severitatem; Adv. Marc, I, 27; II, 14; De poenit., 2 : Bonum factum Deum habct debitorcm, sicuti et malum : quia index omnis remunerator est caussae. C'est à peine si un mot consolant paraît dans Adv. Marc., II, 23 : Quis item sine aliquo bono opère ut eum Deus semper recusaret quem numquam posset adlegere. Encore n'est-ce qu'une manière de parler, puisque Tertullien admet qu'il y ait des péchés irrémissibles.

au reste indiscutable, en simple logique humaine ; mais est-il accordé indéfiniment? Autrement dit, le pécheur qui, après s'être repenti et avoir été pardonné, retombe dans sa faute, peut-il être pardonné de nouveau, s'il se repent encore et de même chaque fois qu'il tombera et se repentira ? N'est-ce pas abuser de l'indulgence divine que de s'abandonner aux écarts d'une faiblesse toujours défaillante ? De plus, n'est-il pas des crimes vraiment exagérés, des crimes qui demandent une telle volonté de vice ou un tel abandon de tout esprit de résistance, que celui qui y tombe est indigne de salut? Il est vraisemblable que ces questions étaient posées dans l'Église bien avant TertuUien et qu'elles y recevaient des solutions diverses \ Le pasteur d'Hermas nous paraît déjà rigoureux et pourtant il doit représenter une opinion assez modérée, car celle de TertuUien l'est beaucoup moins \ Le Pasteur admet que la pénitence soit valable une seule fois pour les grands crimes, plusieurs fois pour les moindres, mais à la condition de ne pas en abuser ^ ; TertuUien demeure logique et cela suffit à le conduire aux solutions extrêmes. On n'est pas chrétien si on pèche gravement, car la qualité de chrétien ne s'obtient que par l'extinction du péché. Dans un esprit de pure concession pour la faiblesse humaine, il peut être admis qu'on pèche une fois*; la pénitence arrache l'âme à la mort du péché \ On peut même soutenir que le pouvoir du démon, mal extirpé de la chair ou de l'âme, soit assez fort pour faire retomber une fois encore le pécheur dans son erreur '^ : on peut alors, une seconde fois, lui permettre l'accès de la pénitence; mais à la condition que sa contrition soit plus laborieuse qu'après la première faute ; qu'il en donne une manifestation patente, Vexomologèse, laquelle a pour but d'humilier l'homme et de l'anéantir, pour ainsi dire, devant Dieu '. S'il retombe encore, il est indigne de pardon et n'est plus chrétien ** ; toute indulgence nouvelle serait superflue : il retombera toujours. TertuUien met quelque différence entre les péchés '' ; les petits

1. Sur certains péchés éternels selon les Évangiles, voyez Marc, III, 28 et s.; Math., XII, 3 I ; Luc, XII, 10.

2. Il l'a particulièrement bien exposée dans le De poenitentia, écrit tout exprès.

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