De poenit
8. De poenit., 7 : sed iam semel, quia iam secundo. Sed amplius nunquam, quia proxime frustra... amisisti enim quod acceperas.
9. Cette question de la hiérarchie des péchés et des péchés impardonnables est étudiée par TertuUien dans un ouvrage spécial le De pudicitia. Il est dirigé
LA MORALE 4l3
sont les manquements bénins à la morale courante et à la loi de Dieu ; les gros peuvent être capitaux ' ; ce sont l'idolâtrie, le blasphème, l'homicide, l'adultère, la fornication sous toutes ses formes, le faux témoignage et la fraude \ Mais, parmi ces péchés capitaux, il convient de distinguer encore, car il y a aussi une dignité dans le mal ^ et trois crimes s'élèvent au-dessus des autres; c'est la débauche de la chair, l'idolâtrie et l'homicide ", Le chrétien qui tombe dans un des péchés inférieurs a droit à l'indulgence; celui qui tombe dans un des grands péchés se compromet gravement et sa pénitence doit être sévère; mais celui qui, sciemment, se laisse aller à un de ces trois crimes élevés en dignité au-dessus des autres, celui qui est fornicateur, adultère, idolâtre ou homicide, celui-là est indigne de tout pardon, il s'est volontairement perdu, il a aliéné sa part du salut ^ et, selon Y Apocalypse, il sera plongé dans l'étang de soufre et de feu ^ Tertullien ne supporte même pas la contradiction sur ce point et il invective, avec une extrême violence, ceux qui ne partagent pas son rigorisme '. Ils invoquent, dit-il, le témoignage de l'Apôtre Paul, mais c'est qu'ils ne le comprennent pas •*; ils prétendent que la chair est faible; ils mentent, car elle peut briser l'esprit '•' et mieux vaudrait pour l'Église être appelée caverne de voleurs qu'asile d'adultères et de fornicateurs '". Cette sauvage intransigeance, qui s'exprime dans le De pudicitia en termes virulents, n'était pas selon l'esprit du christianisme; elle n'était surtout pas selon l'esprit de l'Église, qui sut, de bonne heure, qu'il fallait montrer plus d'indulgence à la nature humaine, si on voulait l'amender un peu. Entre Tertullien et le pape Zéphyrin, si brutalement pris à partie dans le De pudicitia, c'est le dernier qui devait avoir finalement raison et le triomphe de la
contre les Psychiques et semble motivé par une bulle du pape Zéphyrin, qui absout les adultères et les fornicateurs s'ils font pénitence. C'est un des plus férocement intransigeants qui soient sortis de la plume de notre auteur, qui est alors franchement montaniste. Voyez ch. i : nobis autem... etc., qui s'oppose nettement à ce que font les orthodoxes.