‹ TertullienChapitre 387 sur 561 · Havet, Le Christ, II, p. 2i5 ; Renan. M. Aur., 47 et s · texte numérisé non relu

Havet, Le Christ, II, p. 2i5 ; Renan. M. Aur., 47 et s

quement absurdes. Morale, elle l'était au point de devenir une espèce de religion et de se laisser pénétrer par les pratiques religieuses, sinon par les dogmes ; chez Apulée, par exemple, le dévot est plus apparent que le philosophe. Si le philosophe se place au premier plan chez Sénèque ou chez Marc-Aurèle, il y a tout de même quelque religiosité dans leur morale ; je ne vois guère que la légère philosophie de Lucien qui en soit indemne. Un philosophe, c'est avant tout, d'après l'idée qu'on en a au n« siècle, un homme qui a fait vœu de mener une vie édifiante '. Suivant la belle expression d'Apollonius, il marche sans cesse sous les yeux de la vertu et, jusqu'au fond du plus affreux désert, il se sait observé par elle \ Sa vie est à la fois un apostolat et un exemple ■ ; professant la vertu, il la pratique ; son habit et son visage le dénoncent au vulgaire ^ et quand il passe sous son manteau sévère, la barbe longue, les cheveux rejetés en arrière et l'œil fixe, le peuple s'écarte avec respect. Il a bien, de temps en temps, à supporter quelques brocards, mais ils sont inconvenances négligeables de polissons ignorants. A l'occasion, il parle haut devant les princes et leur fixe leur devoir : il arrive que son intervention soit mal prise, qu'un Néron ou qu'un Domitien ne le comprennent pas et se fâchent * ; il arrive même que ses spéculations soient jugées dangereuses pour l'État et qu'il soit jeté hors de la ville, ou transporté dans quelque île ; mais ce sont là tribulations passagères, que le sage supporte d'un cœur constant \ Il s'en console en agitant quelque beau problème avec ses semblables, en un docte entretien, autour

1. Philostr.,yl;;o//., II, 7, distingue très bien entre les obligations du vrai philosophe et celles de l'homme ordinaire.

2. Philostr., Apoll,. I, 35 : ûirô toÎç tt.ç àpîxrs ô-fOx^viiotî.

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