‹ TertullienChapitre 393 sur 561 · Voy. plus bas · texte numérisé non relu

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g. Havet, Le Christ., II, p. 278 et s.

10. De brevit. vitae, i3, il place sur le même rang la recherche du nombre des rameurs d'Ulysse et la question de savoir si VIliade et VOdyssée sont contemporaines et du mcme auteur, Alia deinceps huius notae : quac sivc contineas, nihil tacitam conscicntiam iuvant : sive proferas, non doctior videberis, sed molestior. En réalité, il ne comprend que la science morale.

de Manilius '. Voyez le petit livre de Censorinus, intitulé De die natali : il en ressort une impression extraordinaire de niaiserie scientifique et une perception nette de la fragilité de cette spéculation pseudo-savante des philosophes dont il invoque l'autorité \ En science comme en philosophie — et cela est logique — c'est l'esprit de foi et l'esprit d'autorité qui dominent : les hommes voient la science plutôt dans le passé que dans l'avenir et ils la conçoivent comme une recherche historique, plutôt que comme un ensemble d'expériences. La philosophie de cette science tient tout entière dans un trait d'Aulu-Gelle ^ : Il se donne la peine de nous rapporter comme enseignements précieux, quantité de balivernes qu'il a lues dans un lot de vieux livres achetés à Brindes ; ce ne sont qu'histoires d'Africains qui jettent des sorts, d'IUyriens qui ont deux prunelles et tuent d'un regard ; d'Indiens qui ont une tête de chien et aboient. De toutes ces étrangetés, Aulu-Gelle ne doute pas, non plus que les personnages de Lucien ne doutent des miracles qu'ils soutiennent avoir vus '*; mais il remarque que la connaissance de ces merveilles ne peut rien ajouter « à l'ornement et à l'agrément de la vie ^ ». Voilà le point faible de l'esprit de ces hommes : il ne peuvent se détacher des préoccupations morales et littéraires. Or, qui ne parvient pas à s'en abstraire ne saurait être jamais un vrai savant. C'est pourquoi il n'y a pas plus de vraie science aux premiers siècles de l'Empire qu'il n'y a de vraie philosophie. Est-ce à dire qu'il n'y ait pas du tout de savants ; je veux dire d'hommes capables d'observer et d'expérimenter? Ce serait aller trop loin, et, s'il ne nous est pas possible de saisir directement les efforts de ceux qui nous sont signalés, si beaucoup nous semblent des « amateurs instruits », plutôt que des vrais savants créateurs*^, nous en entrevoyons pourtant quelques-uns qui paraissent intéressants. Tel est cet Hippias, dont nous parle Lucien ' et qui

1. Astron., IV, 92? et s. Pour l'opinion contraire, voy. Lucien, .4/cyon, 3 et s.

2. Voy. particulièrement Dédie nat., 6, sur la fécondation et la procréation des sexes; 10, et s., sur l'explication musicale de la conformation du fœtus, d'après Pythagore, et sur la construction musicale du monde. Il convient de rapprocher de ces divagations, les considérations que Macrobe développera ap. Saturn., VII, 8, sur les effets du vin et sur le tempérament humide de la femme; VII, i5, sur le rôle physiologique de la trachée ; VII, 16, sur l'antériorité de la poule ou de l'œuf, etc.

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