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Hippias

était allé jusqu'au bout de toutes les connaissances de son temps, mécanique, géométrie, harmonie, physique, optique, astronomie, et, en toutes, avait excellé de telle manière, que ses contemporains, comparés à lui, n'étaient que des enfants. Malheureusement nous ne pouvons contrôler l'enthousiasme de Lucien. Nous avons bien les œuvres de Galien, mais le célèbre médecin est un empirique plutôt qu'un savant; son esprit n'est véritablement pas scientifique. On lui a beaucoup reproché ses songes médicaux, et on a eu raison ; mais ils ne lui sont point propres ; ils sont, au contraire, très caractéristiques de la science de son temps ', tout encombrée de morale, de métaphysique et presque de théologie. Un pas de plus et nous rencontrons Apulée ; c'est un savant, lui aussi, savant universel, célèbre de son temps, encore cité comme une autorité longtemps après sa mort. Nous ne pouvons juger exactement de sa valeur, puisque tous ses ouvrages scientifiques sont perdus ^; mais nous savons qu'il se tenait constamment sur les confins de la magie et du mystère, et qu'il aspirait de tout son être au supra-sensible. Nous comprenons fort bien que, malgré ce fameux laboratoire d'histoire naturelle que les étrangers venaient visiter et malgré ses longues expériences sur les organes des animaux, il ait souvent eu l'air d'un magicien plus que d'un naturaliste et qu'il ait gardé une réputation de thaumaturge encore plus tenace et plus répandue que sa renommée de savant '. Le parallélisme inévitable de cette science avec la philosophie s'affirme donc : Elle sort de son domaine propre et, en même temps, elle ne l'occupe pas tout entier; elle est, en tant que science véritable, réduite aux spéculations de quelques individus, dont la fermeté scientifique elle-même est douteuse ^ ;

1. Philostr., ^j3o//., IV, 11, nous rapporte qu'Apollonius opère quantité de guérisons en interprétant les songes dans le temple d'Esculape à Pergame. La foi dans les guérisons miraculeuses opérées par Esculape est d'ailleurs très vive ; textes ap. Le Blanc, Actes des Mart., Sect., II, § 78, p. 2o5.

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