‹ TertullienChapitre 401 sur 561 · Adv. Graec · texte numérisé non relu

Adv. Graec

encore se contredisent eux-mêmes. Il ne se trouve en eux qu'une chose louable : l'effort qu'ils font tous pour se convaincre réciproquement d'ignorer la vérité '. S. Irénée insiste surtout sur la médiocrité de cette science humaine, qui rencontre à chaque instant des problèmes insolubles; par exemple celui de la crue du Nil, ou encore celui de la retraite d'hiver des oiseaux qui arrivent au printemps ; celui de la marée et celui de ce qui est au-delà de l'Océan; celui des phénomènes météréologiques, etc. Sur tout cela les hommes causent beaucoup, mais ils ne savent rien ; Dieu seul sait \ Toutefois, ni S. Irénée, ni S. Justin ne condamnent explicitement les recherches scientifiques, distractions inutiles au salut et stériles pour qui a la vérité supérieure ; ils se contentent de ne pas les encourager, à moins qu'on n'étende à la science l'approbation que S. Justin donne à l'étude de la philosophie et qui suppose, en effet, au moins l'acceptation des études encyclopédiques préalables. Cette hypothèse mise à part, je ne vois guère, aux premiers siècles, qu'un texte nettement opposé à Tatien, et il est dans VÉpitre à Diognète. Il établit que, dans le paradis terrestre, l'arbre de la science et l'arbre de la vie étaient plantés l'un à côté de l'autre et que, s'il n'est pas de vraie science pour qui n'a pas la vraie vie, il n'y a tout de même pas incompatibilité entre la science et la vie ; qu'au contraire la science peut servir à chercher la vie et qu'en ce sens, elle est féconde '. Sans doute, le mot science est ici bien vague et il est assez difficile de savoir de quelle science il s'agit ; mais il est possible et logique que ce rapprochement entre l'arbre de science et l'arbre de vie, donne à entendre qu'il s'agit de la philosophie et des sciences qui y préparent, ou simplement des réflexions sur la nature, qui, au jugement d'un chrétien, mènent nécessairement à Dieu . En tous cas, la foi aveugle des fldèles en la révélation doit leur faire considérer la science comme une superfluité, et les défiances de l'Apôtre ajoutent à cette conviction préalable l'impression d'un danger, car il est écrit que « la science enfle ». Certains admettent, et c'est probablement le sens dernier de VÉpître à Diognète, que la science soit cultivée par les païens, parce qu'elle peut les conduire à la vérité; mais le fidèle sait tout ce qu'il est utile de savoir ; le reste est superflu ''. Cette opinion moyenne se voit très

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