‹ TertullienChapitre 42 sur 561 · Apol., I et ApoL, 3o, injîne · texte numérisé non relu

Apol., I et ApoL, 3o, injîne

que nous rencontrons à chaque instant dans les Actes des Martyrs et ce sont, de toute évidence, les magistrats de Carthage, ou, si Ton veut, ceux de l'Afrique '. Alors le texte qui nous occupe doit s'interpréter ainsi : Juges, vous n'avez qu'un pouvoir limité par la loi même qui vous le donne et vous n'avez pas, sur des citoyens comme nous, l'autorité sans frein d'un tyran.

Il n'y a, d'ailleurs, rien de bien original dans les idées de Tertullien que nous venons de résumer : elles expriment des sentiments que nous retrouvons avant lui chez tous les chrétiens des deux premiers siècles. Les textes évangéliques ' et la tradition des apôtres \ qui leur imposaient la soumission aux puissances, leurs aspirations supra-terrestres, leur foi tenace en la tin imminente du monde, sans compter leur résignation générale, devaient les empêcher d'être, de longtemps, des révolutionnaires politiques.

Les chrétiens qui, avant Tertullien, se sont placés au point de vue qui est le sien, sont très nombreux ; tous, en principe, reconnaissent l'autorité de l'Empereur et s'inclinent devant elle \ Le nombre des Apologies chrétiennes, adressées au prince lui-même antérieu-

1. Tillemont, op. cit., remarque justement que Tertullien parlant de Rome (ch. i6) dit Urbs et que parlant de la ville où il est (ch. 9), c'est alors Carthage, il dit : in ista civitate . Eusèbe {H. E., V, 5, 5) avance que VApol. est adressée au sénat romain, mais rien dans le corps du livre ne confirme cette opinion.

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