‹ TertullienChapitre 43 sur 561 · Math., XXII, i5-22; Marc, XII, i3-ij; Luc, XX · texte numérisé non relu

Math., XXII, i5-22; Marc, XII, i3-ij; Luc, XX

3. Surtout saint Paul, que Tertullien connaît bien et cite souvent ; voy. partic. Scorp., 14. — I. Pétri, II, iS-iy. On peut trouver la marque de cette tradition dans cet ouvrage très curieux, mais si mélangé et si interpolé qu'il est d'une utilisation difficile et qu'on appelle les Constitutions apostoliques, particul. IV, i3 et VII, 16. Sur ces Const. Apost., cf. Harnack, G. A. C. L., I,p. 777.

4. Voir particulièrement Justin, I, Apol., 17 : 6[j.èv 67îT,pEToiJ[jLev pasiT^eï? ^ai àpyovTaç àvôpw-rcojv ô[xo)iOyo'JvT£(;. . . . — Meliton, Apol., ap. Eus., H. E., IV, 26,6 et 7. — Athénagore, Legatio, 3, réclame une enquête sur les sentiments des chrétiens à l'égard de l'empereur et de l'empire; il affirme {Leg. 3j) que les chrétiens ne demandent que la paix pour exécuter promptement tous les ordres qu'ils recevront : irâvxa xà y.;x2)k£uu;j.Éva T:po9'Jjj.(>); u7:T,p£T0Ï[X£v . — Irénée, Adv. omn. haer., V, 24, 3 : cuius iussu homines nascuntur, huius iussu et reges constituuntur. — Quant au refus d'accepter la divinité de l'empereur, il est attesté par les Actes des Martyrs ; mais ces chrétiens exaltés ne sont pourtant jamais, à ma connaissance, insolents quand il s'agit de l'empereur lui-même. Ignace, devant Trajan, et Symphorose, devant Hadrien {Actes dans Ruinart), sont très fermes dans la foi et se montrent heureux de mourir pour elle; mais ils ne disent pas tin mot qui puisse contester le droit qu'a l'empereur de les taire mettre à mort. Les confesseurs s'en tiennent aux prescriptions de saint Paul. — Il est même vraisemblable que les protestations de dévouement de certains chrétiens, allaient quelquefois un peu loin et ne demeuraient pas toujours, aux yeux des rigoristes, dans les limites de la dignité; c'est au moins ce qui paraît ressortir d'une boutade de Tatien, Adv. Graecos, 3 : 'E/pV' Sa [xt,ts paffiXeiài; Tzoo\r\\vi.o.v. 6£paTî£ij£iv, f, xoXatxEÛEiv to'j<; TiYO'jîa^vo'j;. De ces divers auteurs, Tertullien a au moins connu Justin, Irénée, qu'il cite en compagnie de Miltiade dans Adv. Valentinianos, 5, et Tatien : De praeser. haer., 52 et De jejun., i5.

LE PRINCIPE DU POUVOIR IMPÉRIAL ET l'eMPEREUR 35

rement à V Apologétique \ en serait une preuve évidente, car on ne cherciie pas à s'expliquer devant un souverain qu'on ne reconnaît pas \

Une telle conception du pouvoir impérial pouvait sembler aux chrétiens simple, logique et tout aussi capable de le fonder solidement que les principes auxquels le rapportaient les païens. Si, en effet, nous considérons les idées de Tertullien en la matière comme l'expression d'une théorie, il nous paraît certes que le pouvoir impérial est modifié dans son origine, puisque l'Empereur n'est plus Dieu lui-même et que son rôle est réduit au gouvernement terrestre ; mais il nous paraît aussi que le caractère sacré dont il est revêtu n'est point amoindri pour être de source chrétienne. Être le représentant de Dieu sur la terre, le vase d'élection choisi "de toute éternité ^ c'est plus et mieux que de devenir soi-même, par circonstance, un Dieu auquel personne n'a l'air de croire que par nécessité, par politesse ou par habitude \ Il y avait donc pour l'Empereur, dans la foi chrétienne en un Dieu, source immuable de son autorité, une tout autre garantie de stabilité et d'inviolabilité que dans les serments du Sénat, du peuple et de l'armée \ que dans la délégation à vie de la puissance tribunicienne et de Vimperiiim^.

1. Sur Ariston de Pella, Quadratus, Aristides et Justin, voy. BatifFol, L. G., pp. 86 et suiv. ; Harnack, G. A. C. L., I, pp. 92 et suiv. Sur la chronologie des mêmes, Harnack, op. cit., II, pp. 268 et suiv. Sur Tatien, Harnack, op. cit., I, p. 485 et II, p. 284; sur Rhodon, Harnack, op. cit., 1, p. 699 et II, p. 3i3 ; sur Miltiade, Harnack, op. cit., I, p. 255 et II, p. 36i; sur Athénagore, Harnack, op. cit., I, p. 599 et II, p. 3i3 ; sur Apollinaire, Harnack, op. cit., I, p. 243 et II, p. 358 ; sur Meliton, Harnack, op. cit., I, p. 246 et II, p. Siy.

2. Je ne connais, dans la période antérieure à Tertullien, qu'un seul texte qui semble détonner au milieu de tous les autres : encore n'oftre-t-il pas un sens absolument évident. Dans son Épitre aux Corintliiens, Clément Romain commente quelques versets de l'Écriture [Ps. II, 7 et 8 et CIX, i et 2) : Dieu promet à son fils de lui donner l'héritage de la terre et de réduire ses ennemis à lui servir d'escabeau; Clément ajoute : « Quels sont ces ennemis ? Ceux dont le cœur est pervers et qui opposent leur volonté à celle de Dieu » (Clem. Rom., lAd. Cor., 36). L'empereur est sans doute au nombre de ces pervers, mais il n'est point particulièrement désigné et la formule est si élastique qu'elle pourrait peut-être l'exclure si l'auteur la précisait. 11 ne me semble pas, d'ailleurs, que Tertullien ait connu ce texte; en tous cas, je n'ai relevé dans ses œuvres aucune citation certaine de Clément Romain. Il le nomme simplement dans De praescr. Iiaer., 32, comme le successeur de l'apôtre Pierre à la tête de l'Église de Rome.

3. ApoL, 32 : Nos judicium Dei suspicimus in imperatoribus, qui gentibus illos praefecit. ApoL, 33 :...eum quem Dominus noster elegit.

Page 1