Epigr
3. J'emprunte les principaux cléments de ce court exposé, d'ailleurs sans prétention, à Réville, Rcl. à Rom., p. i5 et n.
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lesquelles se présentaient aux yeux des chrétiens l'art courant et les artistes. Je n'ai point trouvé de textes chrétiens à la fois très anciens et très précis sur la beauté, parce qu'elle a longtemps laissé les fidèles indiflférenls; ils ne se sont occupés d'elle qu'indirectement et pour ainsi dire moralement. C'est ainsi qu'Aihénagore s'élève contre les débauchés qui, recherchant la beauté, la flétrissent, en oubliant qu'elle est un don de Dieu'. 11 faut aller jusqu'à Clément d'Alexandrie pour trouver un texte net et suggestif. Encore qu'il soit écrit par un contemporain de Tertullien, dont j'ai pris l'habitude d'examiner l'opinion après la sienne, je le donne ici tout d'abord parce qu'il exprime très bien, à mon sens, le sentiment chrétien général : la véritable beauté c'est celle de l'àme, c'est la vertu ^ ; l'autre est dangereuse; c'est elle qui pousse la femme à l'adultère \ Chez l'homme elle est superflue, car, au témoignage d'isaïe, Jésus était laid ''. Le christianisme primitif est essentiellement religion de renoncement; il ne peut comprendre que la beauté morale, ou, du moins, ne peut se soucier que d'elle. Cette opinion préalable n'est point a priori très favorable à l'épanouissement des arts plastiques, ni même à celui de la littérature artistique.
D'autre part, les chrétiens rencontraient, du premier coup, des textes bibliques qui, s'ils ne condamnaient ni la musique ni la littérature, semblaient, au moins, proscrire l'art païen et l'art plastique, quel que fût son caractère : « Tu ne feras pas d'images taillées », avait dit le Seigneur \ et les exemples précis de contravention à cette règle étaient vraiment si peu nombreux, qu'ils semblaient venir tout exprès pour la confirmer ^
En outre, les chrétiens plaçaient Dieu si loin de la terre et l'imaginaient si unique, si impossible à saisir par les sens et par l'imagination, que l'envie ne pouvait leur venir encore de le figurer sous forme humaine \ Cet anthropomorphisme d'image leur eût