‹ TertullienChapitre 44 sur 561 · ApoL · texte numérisé non relu

ApoL

5. ApoL, 3o : Vitam illis (imperatoribus) prolixam, imperîum securum, domum tutam, exercitus fortes, senatum fidelem, populum probum.... haec ab alio orare non possum quam a quo me scio consecuturum.

6. Justin, I ApoL, 42, s'efforce de démontrer qu'aucune doctrine, n'est plus propre que le christianisme au maintien de la tranquillité de l'État, parce qu'elle persuade à l'homme que Dieu voit tout et que chacun sera éternelle-

Il est clair aussi que pour qui voyait dans l'Auguste le vicaire temporel de Dieu ', l'importance du fictif abandon entre ses mains de la souveraineté populaire, devait encore diminuer, écrasée qu'elle était par le prestige du droit divin. Enfin, une telle doctrine menait à l'hérédité, car il est naturel que le choix de Dieu, qui s'est porté sur un homme, se reporte sur ses enfants et marque du premier jour l'élection de toute une famille.

Si nous poussions les idées de TertuUien jusqu'à leurs conséquences logiques, l'Empire devrait donc être, selon lui, une pure monarchie, de droit divin, absolue, sans autre contrôle que celui de Dieu et héréditaire. Telle sera la théorie monarchique que Bossuet tirera des propres paroles de r Ecriture sainte.

Quelques apologistes chrétiens avaient déjà, en partant de principes semblables, formulé quelques-unes des conclusions de TertuUien. Méliton et Athénagore, par exemple, admettent nettement l'hérédité dans la famille choisie de Dieu. Méliton promet à l'Empereur et à son fils qu'ils rendront à l'Empire la prospérité du temps d'Auguste s'ils y maintiennent le christianisme, c'est-à-dire s'ils justifient le choix de Dieu par leurs œuvres \ Athénagore affirme que les chrétiens demandent à Dieu que le pouvoir passe du père au fils, selon toute justice; c'est pourquoi ils sont plus dignes que personne d'être favorablement écoutés de l'Empereur \

TertuUien ne s'est point si clairement expliqué ; cependant un passage de VAdversus Praxeam nous permettra peut-être d'entrevoir qu'il aurait accepté, lui aussi, les conséquences de ses doctrines sur le fondement de l'autorité impériale, au moins en ce qui regarde l'absolutisme et l'hérédité. Il cherche en cet endroit à établir que la monarchie divine peut très bien, tout en restant une, être partagée entre le Père, le Fils et l'Esprit; il est amené à définir la monarchie en ces termes : « Pour moi, si j'entends quelque chose au laiin et au grec, le mot monarchie ne veut, que je sache, rien dire d'autre que pouvoir rapporté tout entier à un seul individu et, en l'espèce, unique. Et pourtant, la monarchie n'implique pas, sous prétexte qu'elle est le fait d'un seul, que celui qui la possède n'ait point de fils, ou qu'il soit à lui-même son propre fils, ou qu'il

ment recompense ou puni selon ses œuvres ; cette considération doit impressionner les hommes beaucoup plus que les lois humaines et ceux qui les exécutent, parce que les unes peuvent être violées, les autres trompés, quelquefois impunément.

i.Irénée, Adv. omn. haer., V, 24, 2 : Dei enim minister est. Nous retrouvons des expressions semblables dans Scorpiace, 14, en commentaire à Rom., XIII, 4 et suiv. et dans ApoL, 32 (Texte cité n. 3 de p. 35).

Page 1