‹ TertullienChapitre 438 sur 561 · Renan, M.-Aiir., p. 47 ; 597 et s · texte numérisé non relu

Renan, M.-Aiir., p. 47 ; 597 et s

3. Voy. particulièrement le joli tableau champêtre qui se trouve dans Passio SS. Tlieodoti, etc., xi (Ruinart).

4. Sur ce point, voy. Pseudo-can., VIII du synode apostolique d'Antioche, ap- Mansi, I, p. 67 — et les références.

fallait-il considérer que leur art était inutile et que des ignorants avaient aussi bien et aussi utilement travaillé pour la vériré qu'un Tatien, qu'un Aristide ou qu'un Tertullien ? Les attaques des rhéteurs païens, sans doute plus semblables à Fronton qu'à Celse, mais probablement assez nombreux ', rendaient difficile le détachement absolu de l'art oratoire. Pourtant l'accord ne se fit pas vite entre les chrétiens sur l'acquisition et l'usage de cet art. Il n'y eut guère d'hésitation sur la question de savoir si un chrétien pouvait être rhéteur ou sophiste; c'était d'ordinaire tout un '. Pris en lui-même, dit Clément d'Alexandrie, l'art du rhéteur est inutile, parce qu'il ne s'occupe que de mots "et ne cherche qu'à plaire à la foule ^ II fut moins facile de décider s'il convenait de détourner cet art de ses usages profanes et de l'employer au service de la vérité. Le dédain apostolique pour les artifices et les élégances, inutiles à celui qui parle de Dieu, se maintient sans doute longtemps dans l'Eglise. S. Cyprien et son contemporain Commodien suffiraient à le prouver. Le premier/ soutient que la sincérité porte en elle une éloquence suffisante, et que la simplicité de la parole ne nuit en rien à la force de la vérité \ Le second, prêche d'exemple et, tout en employant la forme artistique du vers, il en brise si bien la régularité classique et en détruit de telle sorte le charme propre *^, qu'il est une vivante protestation contre l'art poétique. On lui en avait vraisemblablement appris les règles dans sa jeunesse, car, lui aussi, était né hors de la foi chrétienne ', mais il les a volontairement oubliées et violées. Toutefois, ni la candeur de S. Cyprien qui, d'ailleurs, possédait le talent qu'il jugeait inutile, ni la grossièreté voulue et populacière de Commodien, ne devaient triompher de la nécessité dans laquelle l'Église se trouvait, de se défendre et de se bien défendre. Aujourd'hui, elle

1. Ceci me paraît résulter de Clém. Alex., St7-om., I, 3, 22 et I, 8, Bg, où Tardeur de l'invective contre les sophistes, donne l'impression d'une rancune qui se soulage.

2. Clém. Alex., Strom., I, 10, 47 : TV 8^ sptTTixf.v ts xal ffocsisTix-V.» ■ziyyr^^t T.-xox:-z-ri,xim zavTs/.w;. — Dans Strom., I, 3, 22, les sophistes sont successivement comparés à des cigales, à des fleuves de mots stériles, à de vieilles savates sans résistance; ils n'ont de bon que la langue: [jlôvt, 5è -r, yXûasa •j-oXîî-îTai. — Hieron., Ep., LU, 8 : Noli te declamatorem esse... verba volverc et celeritate dicendi apud imperitum vulgus admirationem sui facere, indoctorum hominum est.

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