Instruc, I. I : Ego similiter erravi tcmpore multo
l'art 465
emploie volontiers les procédés de la presse de combat, alors, il lui fallait recourir à ceux de la rhétorique. 11 fut de bonne heure entendu, parmi ses membres, que l'essentiel était de tenir des propos utiles (ainsi que le dit Clément d'Alexandrie) ' ; mais il ne fut pas défendu, en outre, de les orner, pour le plus grand bien de la vérité. Il était impossible de ne pas avouer qu'un mauvais discours était nuisible à la foi ; de môme fut-il généralement admis que la parole, habilement employée, pouvait conduire au salut comme les œuvres ^ : car « bien heureux celui qui est adroit de ses deux mains ' ». On en vint môme à convenir qu'à côté des très beaux modèles d'éloquence que contenaient les Écritures, il arrivait qu'on y rencontrât des passages très obscurs, dont l'imitation pourrait être d'un effet fâcheux \ Un pas de plus et nous avons cette idée qu'exprime le continuateur d'Eusèbe, Socrate : les livres saints n'apprennent pas à bien parler et il faut savoir bien parler pour défendre la vérité \ De ce côté, les nécessités d'une polémique, probablement plus active que nou-s ne le soupçonnons, ont donné raison à Tertullien ^ et la culture antique a continué à préparer les docteurs à leur tâche. De cette culture, ils ont d'ailleurs prétendu laisser tomber le superflu, en proscrivant la littérature dramatique, la poésie ', les œuvres d'imagination ' ; ils ont pu, en effet, n'en pas produire, et même en arrêter presque complètement la production, mais ils n'ont pu s'imposer l'ignorance de celles qui existaient déjà; ils n'ont pu cesser d'être hommes au point de ne plus les goûter ; et bientôt ils les imiteront ^
La musique pouvait se plier aisément aux exigences chrétiennes ;