‹ TertullienChapitre 451 sur 561 · Adv. nat., II · texte numérisé non relu

Adv. nat., II

4. Instit. div., I, 1,7-8. L'auteur se félicite d'avoir reçu la culture classique, parce qu'elle lui permettra d'exposer la vérité avec plus d'agrément et de facilité : sans doute on a vu y réussir des hommes qui n'avaient point d'éloquence ; mais il n'est point nuisible d'en avoir. Ailleurs (VI, 21, 3), il met le lecteur en garde contre les séductions de la forme païenne; mais il avoue que la simplicité de la forme dans l'enseignement chrétien nuit à l'extension de la foi chez les hommes cultivés. — Au reste, les Instit. div., dans leur ensemble, fournissent un bon exemple du parti qu'un docteur chrétien pouvait tirer de ses connaissances profanes. Lactance cite surtout les poètes latins, les rapproche, les oppose, les combat l'un par l'autre, en s'attachant à leurs idées; c'est quelquefois puéril, mais c'est très curieux (voy. particulièrement Instit. div., 11,4, I et 4 ; II, 4, 1 1 et s.).

5. S. Augustin, en confessant son affection d'antan pour les études de grammaire, insiste cependant sur l'utilité plus grande des études élémentaires, qui lui avaient laissé un si mauvais souvenir {Confess., I, i3, 22). Mieux valent pourtant les fables des grammairiens et des poètes que les mensonges des hérétiques, parce qu'on raconte les unes sans y croire, tandis qu'on peut croire aux autres (Con/(?55., III, 6, 11).

6. S. Jérôme, après avoir reçu une bonne culture profane, était vivement frappé des dangers que la foi y pouvait rencontrer et surtout de son inanité par rapport à la doctrine de vérité, sans parler des formules inconvenantes qu'elle faisait traîner dans la bouche du chrétien; il recommandait donc de la/uir; afin de ne pas faire comme ces prêtres de son temps qui délaissaient les Évangélistes et les Prophètes pour lire des comédies et chanter des vers de Virgile. Toutefois, il l'admettait comme une nécessité d'éducation... et id quod in pueris nécessitas est, crimen in se facerc voluptatis, dit-il, en parlant des prêtres trop lettrés [Ep., XXI, i3).

7. Sur l'inHucnce des écoles et de la culture païenne sur les chrétiens et particulièrement sur les grands docteurs du iv° siècle, voy. Boissier, Fin du pag., I, p. 328 et s.

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