‹ TertullienChapitre 452 sur 561 · Eus.,//. E.,\l, 2, 14; VI, 3, I ; VI, 3o; etc · texte numérisé non relu

Eus.,//. E.,\l, 2, 14; VI, 3, I ; VI, 3o; etc

Augustin fut, avant que d'être évêque, un universitaire de carrière '. Nul doute que les uns et les autres n'aient trouvé le moyen d'éviter l'idolâtrie que redoutait tant TertuUicn. Mais beaucoup d'autres difficultés avaient été levées et l'instruction païenne tout entière s'était installée dans la vie chrétienne. Bien plus, l'heure est proche où des chrétiens s'indigneront de voir les auteurs païens expliqués et commentés avec plus de soins que l'Écriture \ Les conséquences de cette irrésistible influence du monde antique sur le christianisme devaient être considérables. M. Boissier a fait remarquer^ que, par la porte queTertullien laissait entr'ouverte et que les docteurs qui vinrent après lui ouvrirent largement à l'éducation intellectuelle des païens, presque toute l'antiquité païenne passa '\ Rien n'est plus juste. Ce manque de logique, cette impuissance à échapper aux habitudes courantes, cette confiance exagérée en la valeur du contre-poison de l'enseignement chrétien, ont, plus que tout, contribué à altérer le christianisme. Foticièrement d'abord, en l'inclinant de plus en plus aux concessions séculières, par une pénétration lente, mais sûre des idées ambiantes ; ensuite en transformant d'une manière d'autant plus dangereuse qu'elle était plus inconsciente, l'état d'esprit de l'Église. On reprochait à S. Jérôme de citer souvent les poètes et il protestait qu'il ne les avait plus jamais lus depuis l'école ; mais il ne pouvait les oublier et leurs vers revenaient chanter sous sa plume comme sous celle de bien d'autres chrétiens \

En second lieu, socialement, en accentuant la tendance qu'avait déjà l'Église à mêler quelque dédain à sa commisération et à sa charité pour les petits et les ignorants, en hiérarchisant, pour ainsi dire, les fidèles par Fintelligence et non seulement par la foi. Rien au monde n'était plus contraire à l'esprit du christianisme primitif que ces tendances là, et rien, non plus, n'a mieux contribué qu'elles à éloigner les fidèles, depuis les temps antiques jusqu'à nos jours, de la pratique de ce véritable christianisnie; il a été remplacé peu

Page 1