Op. cit
4. Sur cette question, voy. Hutsch, Tlie influence of greek ideas and usages upon the cliristian cliurch, Londres, 1880.
5. Voyez dans Migne, P. L., Indices, I, col. 1275, VIndex poetavitm genti-
lium quorum scripta a patribus citantur. Une inscription chrétienne (Le
Blant, Inscr. clirét., I, n" 5i6j peint la béatitude de S. Hilaire par le vers où Virgile célèbre l'apothéose du berger Daphnis ; c'est un emprunt d'art comme un autre, mais il en est des plus heureux. Voy. Le Blant, Inscr. clirét., I; P'éf.,
p. XCII.
à peu par une adaptation au siècle, partant, variable avec ses mœurs, des dogmes de la foi, des prescriptions de la morale et des règles de la discipline '.
I. L'abbé Gaume, dans un grand ouvrage en 12 vol. in-8", publié à Paris en i856 et s, intitulé : La Révolution, recherches historiques, entreprend de démontrer que le mal est venu de la Renaissance et surtout de la culture antique qui a souillé et détruit le christianisme : c'est une idée très juste; plus même que ne le croit l'auteur.
l. Place que tiennent fêtes, spectacles et jeux dans la vie des païens. — II. Importance que Tertullien attache à cette question ; sa doctrine. — III. Prescriptions de l'Église et pratique chrétienne.
l. — Les fêtes et les spectacles tenaient une grande place dans la vie païenne '. Les uns, d'ailleurs, n'allaient point sans les autres ; les cérémonies publiques et les pompes religieuses étaient, en effet, des spectacles et s'accompagnaient de jeux. Les jeux étaient la marque essentielle de la fête; ils y étaient, pour ainsi dire, d'obligation. Il suffit de parcourir les œuvres des historiens anecdotiers de l'Empire, de Suétone aux auteurs de VHistoire auguste, pour être surpris de la quantité de fêtes, de cérémonies pompeuses et de jeux, que chaque prince pouvait ordonner dans sa vie. Tout prétexte lui était bon et cette répétition des réjouissances finissait par constituer au peuple de Rome un moyen d'existence autant qu'une distraction. Les jeux n'allaient guère sans quelque distribution extraordinaire, dans laquelle les hommes vigoureux ou décidés trouvaient toujours leur profit. Dans les provinces, les fêtes avaient, en général, un caractère plus sérieux; d'aucunes étaient comme des démonstrations nationales et c'était faire acte de mauvais citoyen que de n'y point prendre part. Voyez par exemple, avec quelle gravité Pline annonce à Trajan qu'il fait célébrer l'anniversaire de sa naissance ' : il est clair qu'il s'agit d'une manifestation loyaliste très sérieuse. Il y avait, sans nul doute, des païens qui se dérobaient à ces réjouissances officielles et populaires, qui ne pavoisaient ni n'illuminaient leurs demeures ; Tertullien nous
1. Je n'insiste pas sur ce sujet très connu ; je renvoie à Friedlaender et au petit résumé de Thomas, Rome et l'Emp.., p. 90 et s.