‹ TertullienChapitre 454 sur 561 · Pline, Ep., X · texte numérisé non relu

Pline, Ep., X

l'affirme ' et nous n'avons point de peine à l'en croire, mais cette négligence n'était chez eux qu'une abstention de fait ; elle ne sortait pas de l'application d'un principe.

Les jeux et les spectacles étaient non seulement très fréquents, mais encore très variés, on peut dire que la race latine en avait le goût dans le sang, car, partout où des Romains ont séjourné, on découvre des arènes, qui servaient à plusieurs fins, et un théâtre '. Les courses de chevaux, les combats de gladiateurs, les chasses d'animaux sauvages, les exercices de la gymnastique grecque, les représentations scéniques, depuis les parades grossières des baladins de plein vent, jusqu'aux pantomimes féeriques ou obscènes ', tous avaient leurs partisans dans le monde romain et africain. Les plus violentes et les plus féroces, les moins intellectuelles de ces distractions gardaient le plus de vogue : courses, combats de gladiateurs, chasses et féeries, que l'on combinait souvent en un spectacle unique, plus ou moins brillant.

S'il y avait des païens qui s'abstenaient des démonstrations courantes au jour des fêtes publiques, il y en avait plus encore qui blâmaient l'horreur et l'immoralité des jeux publics ". Marc-Aurèle, dit-on, aurait voulu supprimer les combats de gladiateurs; l'opposition certaine et irréductible du peuple l'en aurait seule empêché; mais il aurait, en toute occasion, manifesté en quelle mésestime il les tenait \ Sénèque, par exemple, Apollonius de Thyane, Lucien, s'étaient, tour àtour, élevés sans succès, mais énergiquement, contre les jeux cruels du cirque ^ Les mêmes, et d'autres encore, avaient pris parti contre les spectacles immoraux \ contre la manie des chevaux *, contre le théâtre ', contre les lutteurs'". Il y avait donc une minorité d'esprits d'élite qui, sans être, en principe, les ennemis du théâtre " et des spectacles, sans en nier

1. De idoL, i5 : Plures iam invenias ethnicorum fores sine lucernis et laureis quam christianorum.

2. Voy. Thomas, Rome et VEmp., p. 90 et s. et dans le Dict. des Ant.. les articles Circus, Gladiateurs, Amphitheatrum, etc.

3. Tertullien, ApoL, i5, nous donne quelques détails précis sur les représentations d'aventures divines qu'on donnait au naturel dans les jeux avec des criminels comme acteurs : Vidimus aliquando castratum Atyn, illum deum ex Pessinunte : et qui vivus ardebat Herculem induerat...

4. Renan, Apôtres, p. 32 1 et n. donne quelques références intéressantes.

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