‹ TertullienChapitre 455 sur 561 · Lucien, Epigr., 20 et · texte numérisé non relu

Lucien, Epigr., 20 et

11. Lucien, Sur la danse, 4; 72; 79; 81; insiste sur l'utilité pratique et morale du théâtre bien compris.

systématiquement l'utilité possible, en combattaient l'application présente et voulaient, au moins, relever dans Tàmc humaine cet autel de la Pitié que Demonax accusait les Athéniens d'avoir renversé le jour où ils avaient établi dans leur ville des combats de gladiateurs '.

Les chrétiens ne pouvaient pas demeurer étrangers à ce débat, car, qu'il s'agît des fêtes ou qu'il s'agît des jeux, un problème religieux et un problème moral se posaient devant eux. Tatien avait, avant Tertullien, indiqué le point de vue qui devait logiquement être celui du christianisme. Le théâtre n'est qu'un tissu d'inventions auxquelles on ne saurait s'intéresser, parce qu'elles n'ont jamais existé ' et que celles qui ne sont point puériles sont exemples de vice et de dépravation, objets de scandale et de honte ^ . Tatien réprouve les exercices des athlètes, qui arrivent à s'alourdir le corps du poids de leur embonpoint factice et qui n'ont en vue aucune bonne action, mais seulement la bataille ; il flétrit, en termes vraiment vigoureux, les combats de gladiateurs. « Celui, dit-il, qui ne peut assister à ces jeux barbares ose s'affliger de n'avoir point été condamné à voir les crimes qui s'y font \ »

II. — Il était évidemment impossible que les chrétiens pensassent autre chose et, en général, ils s'abstenaient sans doute de participer aux réjouissances du siècle \ Si quelqu'un d'entre eux, il s'en trouvait, cédait encore au désir d'assister aux fêtes païennes et aux jeux, c'était par une faiblesse qu'expliquaient seuls la puissance de l'habitude et l'entraînement de l'éducation. A l'usage de ces faibles, Tertullien composa un traité, le De spectaciilis, et répandit dans ses autres écrits des préceptes précis, affirmés avec une insistance qui prouve combien il les jugeait essentiels ^.

Il veut bien admettre que le chrétien prenne part, au moins de sa présence, à des fêtes privées, comme un mariage ou une prise de toge virile, à la condition de ne point engager sa conscience \ C'est là une concession qui surprendrait si on ne voyait tout de suite le peu de portée qu'elle a, en songeant qu'il n'était guère de fêtes païennes, même privées, qui fussent totalement exemptes d'ido-

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