De idoL
latrie '. Il est vrai que TertuUien laisse un peu fléchir sa rigueur en consentant à ce que le chrétien assiste à des cérémonies païennes, si elles sont jointes à quelque fête privée, à la condition, bien entendu, de n'y pas participer et de ne pas venir exprès pour elles \ Ce n'était peut-être pas là une concession conforme à la logique absolue, laquelle eût voulu que le chrétien n'eût pas l'air d'encourager l'idolâtrie par sa présence, même réservée ; mais on peut croire que c'était une concession nécessaire, qu'un usage fortement établi arrache à TertuUien, et indispensable au maintien de quelques rapports sociaux entre les chrétiens et les païens. C'est, au reste, la seule qu'il fasse, car, pour tout ce qui regarde les autres fêtes et spectacles, il est intraitable.
D'abord Dieu a montré, par des miracles patents, qu'il désapprouvait toutes ces fêtes \ Une femme chrétienne y a assisté, qui en est revenue possédée d'un démon, et comme, au cours de l'exorcisme, on demandait à l'esprit immonde qui l'avait rendu si osé que d'attaquer une chrétienne, il avait répondu qu'il avait agi selon la logique et la justice, car il l'avait trouvée « chez lui ' ». Dieu, d'ailleurs, a dit : « Quand le siècle se réjouira vous pleurerez ^ », et s'il a dit de même : « Vous vous réjouire:{ avec ceux qui se réjouissent et vous pleurere:{ avec ceux qui pleurent ^ », il n'a entendu obliger que les frères à l'égard des frères ', et dire que les fidèles doivent partager entre eux leurs joies et leurs peines. Il y a des chrétiens qui assistent aux fêtes, les uns pour leur plaisir, les autres par pusillanimité, par crainte de se faire remarquer; les uns et les autres sont blâmables ^ C'est qu'en dehors même de cette gravité chrétienne qui doit pousser le fidèle à fuir les distractions humaines, ces fêtes sont toujours, en ellesmêmes, des occasions de scandales intolérables. Elles sont foncièrement immorales; la joie publique s'y exprime par l'indécence publique : on y fait cent choses qui, tout autre jour, seraient punissables et qui, ce jour là, tournent à l'honneur du prince. Qu'il est donc d'une vraie dignité d'établir devant sa porte des brûle parfums et des autels, de festoyer dans la rue, de donner à la cité