‹ TertullienChapitre 46 sur 561 · aut monarchiam suam non per quos velit administrare · texte numérisé non relu

aut monarchiam suam non per quos velit administrare

d'une famille royale, ne me semblait devoir le conduire à penser de TEmpire précisément ce que le texte de VAdvet'siis Praxeam laisse supposer qu'il en pense.

Il ne s'est point clairement expliqué, d'abord parce que la systématisation rigoureuse n'est point dans ses habitudes d'esprit; il y a toujours dans ses opinions générales quelque chose de flottant, qu'il met pour ainsi dire au point pour son lecteur et selon le caractère de l'ouvrage qu'il écrit. En second lieu, les difficultés considérables, qui devaient retarder la mise en pratique de ses idées, le frappaient assez pour lui paraître des impossibilités. Il fallait, en effet, supposer avant tout, sinon que l'Empereur se ferait chrétien, au moins qu'il protégerait les chrétiens ainsi que le lui demandait Athénagore '.

Que l'Empereur pût protéger les chrétiens, Tertullien l'admettrait, puisqu'il dit connaître des Empereurs qui l'ont fait \ On pourrait même soutenir que le seul fait d'avoir écrit des traités d'apologétique suppose une espérance semblable, s'il n'était aisé de reconnaître, dans ces ouvrages, plutôt des attaques contre les ennemis du christianisme que des plaidoyers en faveur de ses fidèles \ ,^,Rien, au moins dans la pensée de leur auteur, ne s'opposait à ce ^ique l'Empereur laissât les chrétiens tranquilles. Tout autre est la ''question de l'adoption du christianisme par l'Empire. « Les Césars, nous dit Tertullien, auraient, eux-aussi, cru en Christ, si les Césars n'étaient point nécessaires au siècle, ou si des chrétiens avaient pu être Césars *. » L'interprétation de ce texte offre d'assez sérieuses difficultés \ Les commentateurs ne font guère, à ma connaissance, que paraphraser ^ comme il suit : Puisque l'Empire romain doit durer autant que le monde, les Empereurs sont nécessaires à la durée du monde; pour la même raison, les chrétiens ne peuvent être Empereurs. Cela revient à dire qu'il y a incompatibilité entre l'Empire et le christianisme, mais n'explique nullement si c'est bien ce que Tertullien a voulu faire entendre et, s'ill'a voulu, pourquoi il l'a voulu.

La question avait déjà été posée par les apologistes ses prédécesseurs et il semble bien qu'ils l'aient résolue dans le sens de la possi-

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